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«Nous sommes aux côtés du Yémen» : Riyad vante ses œuvres humanitaires pour les enfants yéménites

Soucieuse de redorer son image auprès de l'opinion publique, l'Arabie saoudite a publié une série de messages sur les réseaux sociaux pour décrire ses bonnes œuvres auprès des enfants yéménites. Sans s'attarder sur son rôle au sein de la coalition.

Sous le feu des critiques depuis le début de son intervention au Yémen, et désormais empêtrée dans l'affaire Khashoggi qui l'a placée au centre de l'attention, l'Arabie saoudite s'est lancée dans une délicate opération de reconquête de l'opinion publique. Dans une série de messages diffusés sur Twitter, le ministère saoudien des Affaires étrangères a ainsi tenté d'expliquer que Riyad se préoccupait du sort des enfants yéménites.

«Vos enfants... nos enfants», peut on ainsi lire sur un premier message, qui contient simplement le hashtag #WeStandWithYemen (nous sommes aux côtés du Yémen) avec une photo d'enfants arborant un large sourire, et les sigles d'agences gouvernementales saoudiennes, telles que le centre de communication et des médias et le ministère des Affaires étrangères lui-même.

Dans les tweets suivants, le ministère saoudien, qui assure être attaché au droit international, présente les efforts entrepris par le royaume pour porter secours aux jeunes yéménites. Logement, enseignement, santé, le ministère fait état de ses dépenses à travers 257 projets. Parmi ceux-ci, Riyad met notamment en avant de nombreux projets permettant de nourrir les enfants yéménites.

Riyad directement responsable de la famine

Ce dernier point est particulièrement sensible pour l'opinion publique occidentale, après la diffusion le 27 octobre de la photographie en une du New York Times d'une Yéménite de 7 ans souffrant des conséquences de la famine causée par le conflit.

Aussi tardif soit-il, ce cliché à permis de mettre un coup de projecteur sur les déclarations d'un responsable de l'ONU, qui expliquait quelques jours auparavant que le pays faisait face à «un danger clair et présent d'une famine géante et imminente», estimant à 14 millions le nombre de personnes qui pourraient en être victimes.

Une situation dramatique qui doit beaucoup aux bombardements sans relâche de la coalition arabe dirigée par Riyad de la ville d'Hodeida, cité portuaire stratégique dans le conflit. En effet, le Yémen dépend des importations pour 90% de ses besoins en nourriture, dont 70% transitent par le port d'Hodeida, cible récurrente de la coalition. Sans compter que ce port, indispensable à la sécurité alimentaire du Yémen, a été sous blocus de la coalition pendant plusieurs mois pour, officiellement, empêcher les rebelles Houthis d'importer des armes. Sous la pression internationale, l'Arabie saoudite avait levé le blocus, mais renforcé les inspections de navires, ce qui ralentissait le fonctionnement du port. A tel point que des denrées alimentaires pourrissaient avant même d’atteindre la terre ferme.

L'opération de communication du ministère saoudien des Affaires étrangères aura en outre fort à faire pour faire oublier les «erreurs» de la coalition menée par Riyad. Depuis le début du conflit, les victimes civiles sont fréquemment à déplorer à la suite des frappes aériennes de la coalition. Début septembre, celle-ci reconnaissait qu'un raid qu'elle avait mené contre un bus en août était «injustifié». Bilan de l'attaque ? 50 morts dont 40 enfants.

En plus de trois ans le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et est à l'origine de la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

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