Yémen : au moins 50 personnes ont été tuées par des frappes de la coalition saoudienne (VIDEO CHOC)

Yémen : au moins 50 personnes ont été tuées par des frappes de la coalition saoudienne (VIDEO CHOC)© STRINGER / AFP Source: AFP
Un enfant yéménite attend d'être soigné dans un hôpital après avoir été blessé dans une attaque aérienne saoudienne dans la province de Saada, le 9 août 2018.

Des frappes saoudiennes ont provoqué la mort d'au moins 50 personnes à bord d'un bus et blessé 77 personnes dont une majorité d'enfants. La coalition saoudienne a reconnu avoir mené des frappes qu'elle qualifie d'acte de guerre «légitime».

Au moins 50 personnes ont été tuées dans l'attaque qui a visé le 9 août un bus qui les transportait dans la province du Saada, dans le nord du Yémen, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), citant des autorités locales.

Plus tôt le 9 août, le CICR avait annoncé sur son compte Twitter qu'un hôpital dans la province de Saada, soutenu par le Comité, «a[vait] reçu les corps de 29 enfants âgés de moins de 15 ans et 48 blessés, dont 30 enfants». Et la coalition sous commandement saoudien intervenant militairement au Yémen avait admis avoir mené une opération militaire dans le secteur parlant d'acte de guerre «légitime».

Mohammed Abdul-Salam, porte-parole du mouvement houthi, a déclaré que la coalition avait fait preuve d'un «mépris évident pour la vie des civils», car l'attaque avait visé un lieu public surpeuplé dans la ville. Le CICR a déclaré qu'une attaque avait frappé le bus qui conduisait des enfants au marché de Dahyan, dans le nord de Saada. «Nos magasins étaient ouverts et les gens circulaient comme d’habitude. Tous ceux qui sont morts sont des passants, des enfants et des commerçants», a déclaré à Reuters Moussa Abdullah, un témoin qui était soigné à l'hôpital pour des blessures.

«Grotesque, honteux, indigne. Le mépris flagrant des règles de la guerre lorsqu'un autobus transportant des écoliers innocents est la cible d'une attaque», a déclaré Jan Egeland, chef du Conseil norvégien pour les réfugiés, dans un message sur Twitter.

«Est-ce que le monde a vraiment besoin de voir davantage d'enfants innocents tués pour arrêter la guerre cruelle au Yémen?», a réagi le directeur du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) pour le Moyen-Orient, Geert Cappelaere.

«L'attaque qui s'est produite aujourd'hui dans la province de Saada est une opération militaire légitime contre des éléments qui ont [...] tiré la nuit dernière un missile contre la ville (saoudienne) de Jizane, faisant un mort et des blessés parmi les civils», a indiqué dans un communiqué la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Celle-ci intervient au Yémen en soutien aux forces du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

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Il y a une semaine, cette même coalition avait nié avec force avoir lancé des attaques qui ont fait, selon le CICR, 55 morts et 170 blessés à Hodeida, dans l'ouest du Yémen. La ville stratégique de Hodeida est contrôlée par les Houthis qui ont également attribué à la coalition la responsabilité de ces attaques. Mais celle-ci a démenti et accusé à son tour les rebelles de les avoir menées. La coalition a été accusée à plusieurs reprises de bavures ayant coûté la vie à des centaines de civils. Elle a admis sa responsabilité dans certains raids ayant tué des civils mais accuse les Houthis de se mêler aux civils ou de les utiliser comme boucliers humains.

La coalition a répété ce même argument ce 9 août après avoir affirmé dans un premier temps avoir visé des responsables de tirs de missiles sur l'Arabie saoudite. Elle a affirmé que «cette opération avait été menée dans le respect du droit humanitaire international» et accusé les Houthis de recruter des enfants.

Les rebelles Houthis, issus de la minorité zaïdite (une branche du chiisme) qui s'estime marginalisée dans un pays majoritairement sunnite, sont soutenus par l'Iran qui nie toutefois leur fournir un appui militaire. La guerre au Yémen a fait plus de 10 000 morts depuis l'intervention de la coalition en mars 2015 et provoqué «la pire crise humanitaire» au monde, selon l'ONU.

Meriem Laribi

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