Lavrov : les tentatives de renverser Al-Assad aboutiront à la prise du pouvoir par Daesh en Syrie

Sergueï Lavrov et Adel al-Jubeir Source: Reuters
Sergueï Lavrov et Adel al-Jubeir

La Russie et l’Arabie saoudite sont d’accord pour relancer le dialogue entre Damas et l’opposition mais leurs points de vue diffèrent sur le destin d’Al-Assad, a souligné Sergueï Lavrov au terme d’une rencontre à Moscou avec son homologue saoudien.

La Russie et l’Arabie saoudite ont convenu de relancer le dialogue entre Damas et l’opposition. «Nous avons convenu de continuer les mesures pratiques sur lesquelles nous sommes d’accord, ces mesures ont pour but de préparer les conditions optimales pour relancer le dialogue entre le gouvernement et toute l’opposition syrienne sous l’égide de l’ambassadeur spécial de l’ONU, Monsieur Stephan de Mistoura», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères.

«Nos approches du règlement de la crise coïncident de manière générale, mais il y aussi des désaccords. L’un d’entre eux concerne le destin du président Al-Assad», a ajouté le ministre russe qui estime en outre qu’il revient aux Syriens de décider du sort de leur président. Il a mis en garde contre le renversement militaire de Bachar Al-Assad. Selon lui, de telles tentatives aboutiront à la prise du pouvoir par Daesh en Syrie. Sergueï Lavrov a encore souligné que Bachar Al-Assad ne menaçait aucun pays voisin, alors que Daesh ne menace «pas simplement l’Irak, la Syrie et l’Arabie saoudite [… mais produit] des cartes qui vont de l’Espagne au Pakistan».

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Sergueï Lavrov a également évoqué la question de la lutte contre Daesh qui représente depuis quelque temps «une menace réelle pour la Russie, l’Arabie saoudite et d’autres pays». Il a rappelé que fin juin, Vladimir Poutine avait proposé de créer une coalition, politique et non pas militaire, pour lutter contre les terroristes. Le chef de la diplomatie russe a confié aux journalistes que des ébauches avaient déjà été esquissées. «Le dialogue continuera. Nous avons une opinion commune sur la consolidation des efforts pour lutter contre la menace commune que représentent l’Etat islamique et d’autres structures terroristes», a-t-il souligné.

De plus, le ministre russe des Affaires étrangères a exprimé l’espoir qu’après la conclusion de l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran, qu’au vu de ces nouvelles conditions, «le dialogue constructif entre tous les pays du Golfe, notamment les pays arabes et l’Iran» se mette en place. Il est à noter que l’accord est intervenu le 14 juillet dernier après de longs mois de négociations acharnées. Si l’Iran respecte les conditions de l’accord, le Conseil de sécurité des Nations unies, les Etats-Unis et l’UE lèveront les sanctions économiques et financières qui touchent l’Iran depuis une dizaine d’années.

Sergueï Lavrov en a aussi profité pour évoquer la question de la réforme du Conseil de la sécurité de l’ONU. La France et la Grande-Bretagne ont proposé de limiter ou de supprimer le droit de véto, dont bénéficient ses membres permanents, dans certains cas. Une proposition que le ministre russe juge inadmissible, ajoutant qu’elle n’avait pas de perspective sérieuse. Il a souligné que la Russie s’inquiétait des efforts entrepris en vue de renforcer la confrontation au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. «Ce n’est pas de la diplomatie, mais un effort de transformer le Conseil de sécurité en arme de propagande», a martelé Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe a enfin condamné les sanctions de l’Union européenne qui, selon lui, portent atteinte à la diplomatie. «La diplomatie souffre déjà sérieusement, elle est endommagée parce que nos partenaires occidentaux préfèrent les sanctions à la diplomatie pour atteindre leurs buts géopolitiques plus simplement et plus effectivement», a regretté Sergueï Lavrov.

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