L'Eglise orthodoxe russe rompt ses liens avec le patriarcat de Constantinople

L'Eglise orthodoxe russe rompt ses liens avec le patriarcat de Constantinople© Eglise orthodoxe russe Source: Sputnik
Réunion extraordinaire du Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe russe à Moscou le 14 septembre 2018 (image d'illustration).

L'église orthodoxe russe a décidé de mettre un terme à ses relations avec le patriarcat de Constantinople, après que celui-ci a décidé de reconnaître en Ukraine une Eglise indépendante du patriarcat de Moscou.

Devant des journalistes réunis à Minsk (Biélorussie), le métropolite Hilarion, en charge de la diplomatie du patriarcat de Moscou, a déclaré ce 15 octobre que le Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe russe n'avait pas d'autre choix que de rompre ses liens avec le patriarcat de Constantinople (Istanbul).  «Nous ne pourrons plus célébrer d'offices en commun, nos prêtres ne participeront plus aux liturgies avec les hiérarques du Patriarcat de Constantinople», a déclaré le responsable religieux, à l'issue d'un synode de l'Eglise orthodoxe russe.

Le métropolite Hilarion a précisé que cette rupture complète des «liens eucharistiques» signifiait également que les fidèles du Patriarcat de Moscou ne pouvaient plus, désormais, communier dans des églises relevant de la juridiction du Patriarcat de Constantinople.

Le 11 octobre, à l'issue d'un Saint-Synode de deux jours à Istanbul, le patriarche Bartholomée, qui dirige le patriarcat de Constantinople, avait annoncé reconnaître en Ukraine une Eglise indépendante (autocéphale), mettant ainsi fin à 332 années de tutelle religieuse du patriarcat de Moscou dans le pays. Jusqu'à présent, le patriarcat de Kiev, autoproclamé après l'indépendance du pays en 1992, n'était reconnu par aucune Eglise orthodoxe dans le monde.

Ce «schisme» avait été dénoncé par le patriarcat de Moscou, qui avait qualifié la décision de Constantinople de «catastrophe». Selon Vladimir Legoïda, un haut responsable de l'Eglise russe, cette décision s'assimilait à une tentative «de saper les fondements du système canonique de toute l'orthodoxie».

Car cette décision plongeait dans l'incertitude des millions de croyants en Ukraine, où l'Eglise orthodoxe russe jouit d'une influence conséquente. Si le patriarcat de Kiev compte le plus grand nombre de fidèles, le patriarcat de Moscou dispose du plus grand nombre de paroisses – plus de 12 000 – dans le pays. Et la question est désormais de savoir à quelle Eglise elles seront rattachées. L'Eglise orthodoxe russe craint que ne soient menées des actions, de force ou en justice, visant à lui retirer le contrôle des églises et monastères qui lui sont affiliés. 

Schisme religieux sur fond de tensions russo-ukrainiennes

Le conflit entre les deux Eglises orthodoxes, latent depuis des années, a été attisé par les tensions politiques entre Kiev et Moscou. Le président ukrainien, Petro Porochenko, s'est en effet félicité de la décision du patriarche Bartholomée, saluant la fin de l'«illusion impériale et des fantaisies chauvinistes» de la Russie, jugeant qu'il s'agissait d'un «nouvel acte d'indépendance» de l'Ukraine.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a quant à lui vu une «provocation» dans la décision du patriarcat de Constantinople – et a laissé entendre que les Etats-Unis n'y étaient pas étrangers. «Quand l’envoyé spécial américain pour les relations entre les Eglises salue ouvertement la décision de Bartholomée [...] on voit le bout de la queue du diable», avait noté le ministre des Affaires étrangères russes, dans un entretien accordé à RT France, Le Figaro et Paris Match

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