La participation de Gérard Depardieu dans un film sur l'histoire algérienne fait polémique

La participation de Gérard Depardieu dans un film sur l'histoire algérienne fait polémique© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT Source: AFP
Le 18 février 2018 à Marseille, l'acteur français Gérard Depardieu pose lors d'un photocall pour la deuxième saison de la série "Marseille" diffusée et coproduite par le géant américain de la vidéo en streaming Netflix

La légende du cinéma français tourne actuellement en Algérie un film historique. Le fait que Gérard Depardieu soit français, qu'il soit actuellement visé par une plainte pour viol et qu'il ait déclaré son amitié à Israël créent la polémique.

Gérard Depardieu campe actuellement le rôle de Hussein Dey, dernier souverain de la régence d'Alger sous la domination de l'Empire ottoman, dans un film historique algérien consacré à la vie d'Ahmed Bey, le dernier bey de Constantine (1826-1837), qui lutta contre l’expansion française en Algérie.

Pour plusieurs raisons, la participation du monstre sacré du cinéma français au tournage de ce film à Alger a créé la polémique ces derniers jours, notamment sur les réseaux sociaux. 

Français et ami d'Israël

Selon le site algérien d'information TSA, de nombreux commentateurs, notamment des journalistes et des acteurs, se sont indignés du fait que ce soit un Français qui tienne le rôle de Hussein Dey et non un Algérien, d'autant que le film en question est subventionné par le ministère algérien de la Culture. L’administrateur de la page «Algérie aujourd’hui» qui revendique plus de 700 000 abonnés sur Facebook, s'est par exemple indigné du choix de cet acteur français pour incarner Hussein Dey.

En outre, des commentateurs algériens dénoncent les liens d'amitiés qu'entretient Gérard Depardieu avec Israël. En mars 2017, l'acteur avait dans une interview accordée au site lemondejuif.info : «J’aime beaucoup Israël, les Français qui font leur alya, je les envie !»

«L’argent du peuple algérien est offert à un ami d’Israël… Il s’agit d’un lobby dangereux en Algérie. Depardieu est un grand partisan d’Israël. Je pense qu’il appartient aux députés et aux ministère des Moudjahidine [terme utilisé pour désigner les combattants pour l'indépendance du pays] de bouger pour arrêter cette dérive», s'est indigné le journaliste algérien Mohamed Allal, cité par TSA. De même, un journaliste de la chaîne de télévision publique algérienne ENTV, Abdelali Mezghiche, également cité par TSA, a jugé inacceptable de confier le rôle de Hussein Dey à un comédien «qui soutient l’entité sioniste». «Les hommes libres de ce pays ne vont pas se taire», a-t-il averti.

Visé par une plainte pour agression sexuelle

Le tournage est également entaché par le fait que Gérard Depardieu est visé par une plainte, ouverte fin août en France, pour «agression sexuelle et viol». La plaignante, dont l’identité est à ce jour inconnue, serait une danseuse et une actrice. L'avocat de la star française a affirmé que Gérard Depardieu contestait «toute agression sexuelle, viol ou comportement délictueux».

L'acteur a d'ailleurs reçu de nombreux soutiens de la part de ses admirateurs et du milieu du cinéma qui rappellent son droit à la présomption d’innocence, à l'image de son amie l'actrice Sandrine Kiberlin, qui l'a soutenu avec force : «Tant qu'il n'y a pas de preuve, il reste l'homme émouvant, brillantissime, drôle et génial que j'ai connu», a-t-elle notamment déclaré le 2 septembre sur l'antenne de RTL. Le producteur français Dominique Besnehard a pour sa part dénoncé sur son compte Facebook, les «apprenties comédiennes arrivistes» qui profèrent des accusations «pour se faire connaître». L'affaire a pris une telle ampleur que le gouvernement algérien a été contraint de s'exprimer sur le sujet.

Pour le ministre algérien de la Culture, Depardieu est «un ami de l'Algérie»

Interrogé par les journalistes algériens le 3 septembre, le ministre algérien de la Culture, Azzedine Mihoubi, a défendu l'idée de donner une audience internationale au film : «Il faut toujours veiller à réunir les conditions de la réussite. Anthony Quinn a bien interprété le rôle de Hamza, l’oncle du Prophète Mohamed, dans le film Le message [du réalisateur américain d'origine syrienne Moustapha Akkad, sorti en 1977]. Est-ce que cela a été contesté ?» De plus, le ministre a rappelé le lien fort qui unit l'acteur au pays : «Depardieu est un ami de l’Algérie, il connaît l’Algérie et a une excellente relation avec le cinéma et les cinéastes algériens. Il a eu des positions importantes par rapport à l’Algérie». Enfin, Azzedine Mihoubi a assuré que la relation de Gérard Depardieu avec l’Algérie «dépass[ait] le fait d’avoir la nationalité algérienne».

Depardieu et l'Algérie

Selon le site algérien TSA, Gérard Depardieu, qui a pris la nationalité russe en 2013, a déclaré à la presse qu’il comptait adopter d’autres nationalités telles que la nationalité algérienne. Il avait en tout cas déclaré en février dernier qu'il allait s'offrir un pied-à-terre à Alger. «Je vais bientôt habiter en Algérie, comme Eric Cantona d'ailleurs, qui habite à Oran. J'ai choisi Alger. C'est un pays splendide», avait-il notamment fait savoir.

Par ailleurs, le film historique sur Ahmed Bey que tourne actuellement l'acteur français ne va pas à l'encontre de ses prises de position sur l'histoire algérienne. L'acteur a fustigé la colonisation française, lors d'un entretien accordé au quotidien régional La Provence en février dernier également : «Je me suis intéressé à l’Histoire de l’Algérie. C’est un peuple d’une grande intelligence qui a été bousculé par une armée d’analphabètes en 1830.»

Lire aussi : Gérard Depardieu va «bientôt habiter» en Algérie

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