MH370 : pour les familles chinoises, «la Malaisie ment» à propos des débris retrouvés à la Réunion

les familles chinoises réunies devant le siège de Malaysia Airline à Pékin.© Jason Lee Source: Reuters
les familles chinoises réunies devant le siège de Malaysia Airline à Pékin.

Des familles chinoises de passagers du vol MH 370 ont réagi avec colère et frustration aux propos du Premier ministre malaisien, Najib Razak, qui a déclaré que le débris découvert à la Réunion provenait bien du boeing 777 porté disparu.

Quelques heures après l'annonce du Premier ministre malaisien, une douzaine de familles chinoises se sont rendues devant le siège de l'antenne de la compagnie Malaysia Airlines à Pékin pour exprimer leur colère, persuadées que «la Malaisie ment» au sujet des débris retrouvés sur l'île de la Réunion et supposés provenir du vol MH370 porté disparu depuis mars 2014.

Certains, exaspérés, évoquaient même leur envie de «tuer» le Premier ministre malaisien selon le Guardian

Car bien que le Premier ministre ait déclaré qu'il espérait «lever toutes les incertitudes sur ce qui s'est passé», ses paroles ont suscité la colère en Chine qui avait 153 de ses ressortissants à bord de l'appareil disparu. 

Ainsi, les familles, inconsolables, ont rejeté catégoriquement les allégations de la Malaisie appelant le président chinois, Xi Jinping, à les aider dans leur quête de justice.

Certains, comme Bao Lanfang, 63 ans, dont le fils et la belle-fille étaient à bord de l'appareil a dit au Guardian qu'«en 515 jours, ils avaient eu tout le temps nécessaire pour inventer de faux débris». 

Beaucoup continuent de s'accrocher à l'espoir que leurs proches pourraient être en vie, comme Zhang Yongli qui a expliqué qu'il restait convaincu que l'avion avait, soit atterri en toute sécurité quelque part, soit n'avait tout simplement pas décollé, puisque si le MH 370 s'était écrasé dans l'océan indien, «il y aurait beaucoup de débris partout».

Les familles, encerclées par les policiers chinois qui les empêchaient de pénétrer à l'intérieur du bâtiment du siège pékinois de Malaysia Airlines, ont imploré d'«arrêter les mensonges».

Les certitudes de ces familles persuadées d'avoir affaire à un mensonge du gouvernement malaisien, ont néanmoins été mises à mal à l'annonce du procureur français Serge Mackowiak qui a déclaré qu'il y avait des conjectures très grandes et que les débris provenaient bien du MH370 et que des analyses complémentaires auraient lieu ce jeudi. 

«Peu importe ce qu'ils disent en France ! On ne les croit pas ! On veut la vérité, maintenant !», s'emportait Bao Lanfang. 

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères chinois a exprimé sa «douleur et sa profonde tristesse pour ceux qui se trouvaient à bord» et a transmis ses «plus sincères condoléances» aux familles des victimes.

Pékin a appelé la Malaisie à poursuivre l'enquête sur la cause de l'accident, «comme elle s'est engagée à le faire», et d'apporter toute l'aide et le soutien nécessaire aux familles en deuil.

Bien que la compagnie Malaysia Airlines ait qualifié la découverte des débris comme «une percée majeure», il n'y a toujours pas de réelle explication à la disparition du vol MH370 qui reste, à ce jour, un des plus grands mystères de l'histoire de l'aviation.

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