Accord de l'UE sur la crise migratoire : la droite française n'est pas satisfaite du compromis

Accord de l'UE sur la crise migratoire : la droite française n'est pas satisfaite du compromis© Francois Lenoir Source: Reuters
La chancelière allemande et le président français prennent la pose à l'occasion du sommet européen le 29 juin à Bruxelles

Les députés et eurodéputés français n'ont pas tardé à réagir à l'annonce du compromis arraché après une nuit de délibérations à Bruxelles. Il «ne règle pas du tout le problème de la submersion migratoire», regrette Marine Le Pen.

Alors que les dirigeants des pays de l'Union ont bouclé aux forceps un accord le 29 juin aux petites heures du matin à propos de l'épineuse gestion de la crise migratoire sur le territoire européen, la droite française a fait savoir qu'elle n'était pour sa part pas satisfaite du résultat.

La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, déclare le 29 juin sur son compte Twitter que l'accord européen sur les migrations «ne règle pas du tout le problème de la submersion migratoire» et ajoute que les pays membres de l'UE «ayant maintenant le droit de dire non, Macron sera exclusivement responsable de l'immigration de masse en France».

L'eurodéputé et bras droit de Marine Le Pen, Nicolas Bay, salue tout de même la fermeté de Rome et des pays du groupe de Visegrad dans le dossier : «C'est la victoire de Matteo Salvini en Italie [et] des pays d'Europe centrale.» Mais dans une interview accordée à LCP, Nicolas Bay met également en cause Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui selon lui «voulaient imposer [des] quotas de migrants» et de se féliciter : «Les nations en ont décidé autrement.»

Dans un communiqué publié sur son compte Twitter, le président des Patriotes, Florian Philippot, juge pour sa part que le compromis trouvé à Bruxelles lors du sommet est «l'un des pires que l'Union européenne ait jamais accouché, [car] il renforce toutes les politiques existantes [...], à commencer par la répartition des migrants entre les Etats au nom de la "solidarité européenne" et par la libre circulation inhérente à l'espace Schengen».

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, juge quant à lui que «cet accord ne fait que reconnaître l'impasse du principe fondamental de l'espace Schengen : l'absence de contrôle national des frontières.» L'ancien allié de Marine Le Pen à la présidentielle 2017 appelle également à «raccompagner» les bateaux de migrants «dans les pays de départ» et à mettre fin à l'espace Schengen.

A l'occasion d'un entretien accordé à l'hebdomadaire Valeurs actuelles, le député LR Eric Ciotti prévient qu'il y a «urgence», selon lui, à juguler le volume de demandes d'asile et dit tout son scepticisme quant à une éventuelle sortie de crise prochaine : «En réalité l’accord de cette nuit révèle la division profonde qui existe en Europe. La crise migratoire qui la menace n’a pourtant jamais été aussi grave : il y a urgence. En 2050, l’Afrique doublera sa population et comptera 2,5 milliards d’habitants, les demandes d’asile en France ont augmenté de 15% en 2018 par rapport à 2017 à la même époque et la Méditerranée est devenue un cimetière avec plus de 15 000 morts.»

Lire aussi : Crise migratoire : l'UE parvient à un compromis pour se répartir les réfugiés et les centres fermés

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