Homme blanc stressé : le FBI dresse le portrait-robot de l'auteur de fusillade type

Homme blanc stressé : le FBI dresse le portrait-robot de l'auteur de fusillade type© Mike Blake Source: Reuters
Une équipe d'intervention du FBI surveille la scène du crime après la fusillade de Las Vegas, lors du Festival de musique Harvest de la Route 91 au Las Vegas Strip à Las Vegas, Nevada, États-Unis, le 3 octobre 2017.

Homme blanc, souffrant de stress et s'estimant victime d'injustice : le profil du tueur de masse pourrait vous faire penser à votre voisin de pallier. Avec ce portrait-robot, le FBI tente de déceler des signes avant-coureurs d'un passage à l'acte.

Dans un rapport rendu public le 20 juin, la police fédérale américaine établit un profil psychologique du meurtrier type, auteur de fusillades de masse, en étudiant les comportements des tireurs. Dans ce document, les auteurs expliquent qu'ils ont examiné les comportements spécifiques qui peuvent précéder une attaque et «qui pourraient être utiles pour identifier, évaluer et gérer ceux qui pourraient être sur la voie de la violence».

Il existerait, selon le FBI, des signes avant-coureurs permettant d'identifier les auteurs d'une fusillade avant qu'ils ne passent à l'acte. Selon ce rapport, ce sont en majorité des hommes blancs qui souffrent de stress et se sentent victimes d'injustice. Quant à leurs cibles, elles sont en général identifiées et le passage à l'acte s'opère dans un environnement familier.

Le rapport du FBI porte sur 63 fusillades commises par arme à feu, ayant fait au moins une victime entre 2000 et 2013 et pour lesquels les enquêteurs de l'unité comportementale du FBI ont pu déterminer le comportement des tireurs avant l'attaque.

Exit les idées reçues sur l'isolement ou la maladie mentale dont souffriraient les meurtriers et qu'on leur attribue fréquemment. Après la fusillade au lycée de Parkland en Floride qui a fait 17 morts le 14 février, des responsables politiques, dont le président Donald Trump et le lobby des armes, avaient insisté sur les problèmes psychologiques du tireur, un ancien élève qui avait été signalé à la police pour un comportement à problèmes. Or, selon l'étude du FBI, les trois-quarts des tueurs ne souffraient d'aucune maladie mentale diagnostiquée. «Les déclarations selon lesquelles tous les tireurs doivent juste être des malades mentaux prêtent à confusion et ne sont d'aucune aide», explique le rapport.

En revanche, les assaillants souffrent de «facteurs de stress multiples» comme des problèmes d'argent ou conjugaux, des différends personnels ou professionnels. Ils se manifestent par des «comportements inquiétants» se traduisant souvent par une dépression, une forme de paranoïa, des comportements violents, des menaces directes ou indirectes contre des victimes identifiées, un déficit de communication ou des absences au travail. Dans les 63 cas, ce comportement a été détecté par au moins un des proches du tireur, mais ils n'ont été signalé aux forces de l'ordre que dans moins d'un cas sur deux, alors que «ces comportements inquiétants observables peuvent être des occasions importantes pour détecter et déjouer une attaque».

La police fédérale tente par ce rapport de sensibiliser l'opinion publique, notamment les personnes en contact avec ce genre de comportements sur leur lieu de travail et qui «peuvent avoir un aperçu unique de la menace». Le FBI tempère néanmoins ses propos et se dit conscient qu'avec le recul certains faits puissent revêtir un caractère assez flou... Reste que les éléments présentés dans son rapport ne manqueront sans doute pas d'accroître la méfiance et risquent de susciter des dénonciations abusives. 

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