«Une pièce de théâtre» : le président syrien Bachar el-Assad fustige la «farce» de l'attaque à Douma

«Une pièce de théâtre» : le président syrien Bachar el-Assad fustige la «farce» de l'attaque à Douma© Sana Source: AFP
Le président syrien Bachar el-Assad le 10 mai 2018 à Damas.

Le chef de l'Etat syrien a qualifié, dans une interview au quotidien grec Kathimerini diffusée ce 10 mai, de «farce» et de «pièce de théatre» l'attaque chimique supposée dans la Ghouta orientale attribuée par les Occidentaux à son gouvernement.

Le président syrien Bachar el-Assad a estimé, dans une interview au quotidien grec Kathimerini publiée ce 10 mai, que les accusations d'attaque chimique supposément menée par son gouvernement sur le bastion rebelle de Douma le 7 avril dernier étaient une «farce».

Cette mise en cause des forces gouvernementales syrienne est «une pièce de théâtre, très basique, juste pour attaquer l'armée syrienne» et «remonter le moral des terroristes», selon le dirigeant syrien. Car, estime-t-il, «les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et leurs alliés qui veulent déstabiliser la Syrie ont perdu une de leurs cartes maîtresses» lorsque les rebelles islamistes ont perdu la bataille à la mi-avril.

Des victimes sauvées «en les lavant simplement avec de l'eau»

Il a en outre réaffirmé que son pays n'avait «plus d'arsenal chimique» depuis 2013 et jugé que si une attaque chimique avait eu lieu dans cette zone, «il aurait dû y avoir des centaines voire des milliers de victimes» et non «45» comme rapporté par les secouristes. Il a également fait savoir ne pas voir pourquoi l'armée syrienne n'aurait utilisé des armes chimiques qu'«à la fin de la bataille». Il estime en outre que la reconstruction de son pays coûtera «entre 200 et 400 milliards de dollars».

Dans cette longue interview, Bachar el-Assad qualifie aussi les vidéos tournées sur place par les secouristes de «fake», soulignant que l'attaque supposée n'a paru «tuer que des enfants et des femmes», tandis que «les médecins et les infirmiers, confrontés à une atmosphère chimique sans vêtement protecteurs, [étaient] sains et saufs», et que les victimes avaient été sauvées «en les lavant simplement avec de l'eau».

Il aurait dû y avoir des centaines voire des milliers de victimes

Le président syrien explique encore que les images de victimes ont été filmées par les Casques blancs, une organisation de sauveteurs bénévoles qu'il considère comme «financés par le Foreign Office britannique». Il assure «ne pas avoir d'indications sur ce qui s'est passé» réellement ce jour-là à Douma, ville située dans l'ex-enclave rebelle de la Ghouta orientale, à l'est de Damas, évoquant la possibilité d'une attaque chimique délibérée des rebelles, ou d'une explosion, «ou qu'il n'y ait eu aucune attaque du tout».

Des experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se sont rendus en Syrie le 14 avril, sept jours après l'attaque chimique présumée, mais n'ont pu gagner Douma qu'une semaine plus tard, officiellement pour des raisons de sécurité.

L'OIAC a annoncé le 4 mai que ses experts avaient terminé les prélèvements, dont l'analyse devrait prendre «au moins trois à quatre semaines». Il comptent s'appuyer notamment sur l'exhumation des corps de certaines victimes.

Lire aussi : Damas dénonce des tirs de «missiles ennemis» sur des positions militaires

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