John Bolton, chantre de la guerre préventive et nouveau conseiller à la Sécurité nationale de Trump

John Bolton, chantre de la guerre préventive et nouveau conseiller à la Sécurité nationale de Trump
John Bolton, alors ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, au côté de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice en juillet 2006, photo ©Reuters
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Depuis un peu plus d'un an, les néo-conservateurs signent leur grand retour dans l'équipe qui entoure Donald Trump. Loin des promesses du candidat, les «faucons» comptent bien imprimer leur marque à la politique étrangère des Etats-Unis.

L'entrée en fonction, ce 9 avril, de John Bolton au poste de conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis, un poste important dans l'administration américaine confirme-t-il le grand retour des «faucons» au sommet de l'Etat ? Le choix de ce néo-conservateur, la moustache broussailleuse et le sourcil froncé, semble en tout cas s'inscrire dans la plus pure tradition de l'équipe qui entourait le président George W. Bush dans les années 2000, dont il faisait d'ailleurs partie comme farouche partisan de la guerre en Irak en 2003.

Né en 1948 dans une famille baptiste, John Bolton est tombé dans la marmite du néo-conservatisme dès l'adolescence. Très anticommuniste, il signe à l'âge de 18 ans, en 1966, dans le journal de son école un manifeste intitulé «Pas de paix au Vietnam». Par la suite, à mesure qu'il étoffait son CV, John Bolton ne devait plus cesser de préconiser l'usage de la guerre préventive tout au long de sa carrière, notamment comme ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies dans les années 2000, une institution qu'il méprise pourtant. Sous le premier mandat de Ronald Reagan, il a également été conseiller pour la controversée Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

En mars 2017, plusieurs membres du Congrès se plaignaient dans une lettre de la proximité de cette agence gouvernementale, accusée de fomenter sous couvert d'action humanitaire des opérations de déstabilisation en Amérique latine ou encore en Macédoine. Selon ces élus, l'USAID présentée comme étant indépendante serait notamment en lien avec le réseau du milliardaire George Soros, lui-même accusé de cacher un agenda très politique derrière ses activités philanthropes. 

Les néo-conservateurs au sommet de l'exécutif

Avec John Bolton, c'est donc le réseau des «faucons» néo-conservateurs qui s'installe un peu plus autour de Donald Trump.

Un phénomène qui inquiète notamment le journal de centre-gauche britannique The Guardian, qui tire le signal d'alarme le 25 mars dernier dans un éditorial qualifiant le nouveau conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis d'«hyper faucon» et de «guerrier de salon», une allusion au fait que John Bolton a évité de faire son service miliaire en pleine guerre du Vietnam. «[Certes] l'hyper faucon, avocat des actions militaires préventives correspond à l'agenda nationaliste de Donald Trump, mais cela pourrait conduire à un désastre», estime le quotidien. «Malgré les conséquences catastrophiques de son idéologie néo-conservatrice après le 11 Septembre 2001, son unilatéralisme arrogant et son nationalisme "America First", Bolton n'a jamais reconnu ses erreurs», estime encore The Guardian.

Si on pourrait objecter à cette analyse que Donald Trump, du moins comme candidat, avait un agenda plus protectionniste et isolationniste qu'interventionniste, la nomination de John Bolton semble confirmer le virage à 180 degrés de la politique étrangère de l'exécutif américain, par rapport aux promesses du candidat républicain.

Et ce revirement ne date pas d'hier. On pourrait même le situer lors de l'épisode de l'incident chimique de Khan Cheikhoun, le 4 avril 2017. Sur la foi d'informations provenant du camp des rebelles, et relayées par le controversé Observatoire Syrien des droits de l'homme, avant même qu'une enquête ne soit ouverte, et en l'absence de preuves, Donald Trump avait ordonné le tir de missiles Tomahawk sur la base militaire syrienne d'Al-Chaaryate, trois jours plus tard. Avec cette première décision de chef militaire de son mandat, un peu plus de deux mois après son investiture, Donald Trump balayait ainsi ses promesses de campagnes d'un revers de main et cédait déjà à l'agenda des «faucons», partisans d'un interventionnisme militaire visant à garantir les intérêts américains – énergétiques, commerciaux et militaires – partout où cela serait nécessaire.

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Donald Trump contraint de céder face aux faucons ?

Avec la nomination de John Bolton, Donald Trump a-t-il donc cédé à un agenda de politique étrangère interventionniste, qui aurait pu être celui de son adversaire malheureux, Hillary Clinton ?

La prise de fonctions de John Bolton s'inscrit en tout cas dans le cadre d'une série de remaniements dans l'équipe de Donald Trump, marquée notamment par l'éviction de Steve Bannon, mais aussi le remplacement du secrétaire d'Etat Rex Tillerson, partisan d'une ligne moins dure avec la Russie, par le directeur de la CIA, Mike Pompeo.

Et pourtant, Herbert Raymond McMaster, prédécesseur de John Bolton, n'était pas non plus un pacificateur. Juste avant de quitter ses fonctions, il avait ainsi estimé que les Etats-Unis n'avaient pas réussi, jusqu'ici, à «imposer des coûts suffisants» à Moscou sur le dossier des sanctions contre la Russie. «Monsieur Poutine pense sûrement qu'il est en train de gagner ce nouveau type de guerre», avait-il jugé. 

Le dernier épisode en date de cette reconfiguration à Washington ne semble pas aller dans le sens d'un apaisement des relations internationales. 

Alexandre Keller

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