Syrie : Sergueï Lavrov demande la fermeture «immédiate» de la base militaire américaine d'Al-Tanf

Syrie : Sergueï Lavrov demande la fermeture «immédiate» de la base militaire américaine d'Al-Tanf
Illustration : colonne de véhicules militaires américains en Syrie, photo ©DELIL SOULEIMAN / AFP

En conférence de presse, le ministre russe des Affaires étrangères a dénoncé la présence des Etats-Unis dans le sud de la Syrie. D'après lui, à l'abri de la base militaire US d'Al-Tanf, les djihadistes anti-Damas reconstitueraient leurs forces.

Alors que les rebelles combattant le gouvernement syrien se réactivent dans plusieurs régions du pays, la bataille de l'information reprend de plus belle. Tandis que les Occidentaux pointent du doigt des supposées attaques chimiques à la Ghouta dans la banlieue de Damas et à Idlib dans le nord de la Syrie, Moscou s'inquiète pour sa part d'une reconstitution des forces djihadistes rebelles dans le sud du pays, dans la région d'Al-Tanf, frontalière avec la Jordanie et l'Irak.

Selon Moscou, celles-ci bénéficieraient de la protection des Etats-Unis qui ont établi dans la région d'Al-Tanf une base militaire en 2016 en violation du droit international, puisque n'ayant pas obtenu l'accord de Damas. «A l'intérieur de la zone d'Al-Tanf, que les Américains ont déclarée unilatéralement sous leur protection, et dans le camp de réfugiés [de Roukban], les djihadistes reconstituent leurs forces», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ce 19 février lord d'une conférence de presse. «A plusieurs reprises, [les djihadistes] ont mené des raids depuis [cette zone] vers d'autres territoires de la République arabe syrienne», a-t-il précisé, ajoutant : «Cette zone doit être fermée immédiatement.»

Un camp de réfugiés sous contrôle américain toujours inaccessible aux convois humanitaire

Le ministre russe des Affaires étrangères a en outre évoqué le sort des civils du camp de réfugiés de Roukban qui fait partie du périmètre passé sous contrôle direct de l'armée des Etats-Unis. «Nos collègues des Nations unies, pour certaines raisons, hésitent à dire que les convois humanitaires ne parviennent pas à accéder dans cette zone contrôlée par les Etats-Unis», a-t-il déploré. Et le chef de la diplomatie russe d'ajouter : «Ils portent au contraire toute leur attention sur la situation humanitaire à Idlib et dans la Ghouta-Est.»

Ce n'est néanmoins pas la première fois que Moscou dénonce la présence militaire – directe et non pas sous couvert de la coalition dite arabo-occidentale – des Etats-Unis dans cette province d'Al-Tanf. En novembre 2017, l'armée russe affirmait déjà que l'armée américaine était en train de former une nouvelle opposition «modérée», après les revers des rebelles antigouvernementaux et l'effondrement de Daesh.

Un mois plus tôt, en octobre, Moscou avait révélé que Daesh menait des attaques contre les troupes syriennes depuis un «trou noir» autour de la base américaine en Syrie. Selon la Défense russe, des détachements de Daesh sortaient régulièrement de cette zone pour mener des attaques de diversion contre les troupes de l'armée syrienne et les civils.

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