La Turquie accusée de recruter des combattants de l’Etat islamique pour attaquer les Kurdes

La Turquie accusée de recruter des combattants de l’Etat islamique pour attaquer les Kurdes© Ahmad Shafie Bilal Source: AFP
Colonne de fumée consécutive aux frappes turques sur la ville d'Afrin le 31 janvier 2018

Un ancien djihadiste a affirmé à la presse britannique que la Turquie recrutait de nombreux membres de l’Etat islamique dans l'opération Rameau d'olivier contre les Kurdes d'Afrin, confirmant des déclarations précédentes des combattants kurdes.

«La plupart des combattants à Afrin contre les Unités de protection du peuple (YPG) viennent de l’Etat islamique et la Turquie les a entraînés pour qu’ils modifient leurs tactiques d’assaut» : un certain Faraj, ancien combattant de l’Etat islamique âgé de 32 ans, porte de lourdes accusations à l'égard de la Turquie dans les colonnes du quotidien britannique The Independant. Selon lui, la Turquie aurait largement recruté dans les rangs de Daesh pour monter le contingent de l'opération Rameau d'olivier.

L’ancien combattant islamiste, qui opérait dans le Nord-Est de la Syrie lorsqu'ils se battait dans les rangs de Daesh, assure que la Turquie n'aurait jamais eu pour véritable intention de combattre l'Etat islamique et se chargerait même de leur prodiguer des formations au combat. Il raconte ainsi que les commandants de l'armée turque auraient déconseillé à leurs nouvelles recrues d’utiliser les méthodes traditionnelles d’attentats suicide afin de ne pas se faire repérer. Faraj assure en outre qu'Ankara conseillerait aux anciens membres de Daesh de «laisser les voitures piégées aux YPG» afin de faire passer ceux-ci pour des terroristes.

Pour l'armée turque, l'intérêt d'un tel recrutement serait double : les combattants de l'Etat islamique sont expérimentés et leur emploi sur le terrain permettrait de limiter les pertes humaines pour Ankara. Selon The Independent, cette stratégie permettrait également à ces anciens djihadistes désormais désœuvrés depuis la débâcle militaire de l'Etat islamique de se retrouver une activité pour se réinsérer dans la société.

S'il est difficile d'établir avec certitude la véracité de ces propos, ils viennent en tout cas confirmer ce qu'avaient déjà affirmé, avant le début de l’opération Rameau d’olivier, les membres des YPG. Ils disaient avoir recueilli des témoignages auprès de plusieurs djihadistes, dont le français Thomas Barnouin, qui faisait état de la complaisance des autorités turques à l'égard des combattants islamistes.

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