L'Irak publie les noms des 60 terroristes les plus recherchés, al-Baghdadi étrangement absent

- Avec AFP

L'Irak publie les noms des 60 terroristes les plus recherchés, al-Baghdadi étrangement absent© SABAH ARAR Source: AFP
Un homme regarde la liste des 60 terroristes recherchés

Bagdad a publié la liste des 60 terroristes les plus recherchés du pays, jusqu'à présent tenue secrète. Outre des cadres de Daesh, on retrouve des membres d'Al-Qaïda et du parti Baas. D'autres noms pourraient être publiés plus tard.

Les services de sécurité irakiens ont publié le 4 février, pour la première fois, les noms des 60 personnes les plus recherchées dans le pays pour appartenance à l'autoproclamé Etat islamique (EI), à Al-Qaïda mais aussi au parti socialiste et nationaliste arabe, Baas, de l'ancien dirigeant Saddam Hussein.

Sur cette liste, figure notamment la fille de Saddam Hussein, Raghad, qui vit en Jordanie. On y trouve 28 cadres de l'EI, 12 d'Al-Qaïda et 20 baassistes, avec leurs noms, leurs fonctions dans ces organisations, les crimes dont ils sont accusés et, dans la majorité des cas, leur photo.

Toutes ces personnes sont irakiennes sauf un Libanais, Maan Bachour, accusé d'avoir recruté des concitoyens pour combattre en Irak. «Cette histoire remonte à l'époque de l'invasion américaine de l'Irak, quand nous étions partisans de la résistance irakienne [...] Oui, nous menions des activités contre l'occupation américaine», a-t-il réagi, cité par l'AFP.

Abou Bakr al-Baghdadi absent de la liste

Le nom d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'EI, ne figure en revanche pas sur la liste. Interrogé par l'AFP, un haut responsable des services de sécurité s'est refusé d'en donner la raison. «Il s'agit des terroristes les plus recherchés par les autorités judiciaires et les services de sécurité. C'est la première fois que nous publions ces noms qui, jusqu'à présent, étaient secrets», a cependant fait valoir la source, précisant que d'autres noms seraient publiés plus tard.

Les personnes apparaissant sur la liste des djihadistes de l'EI furent des cadres de l'organisation terroriste à Mossoul et dans la province de Ninive (nord), ainsi que dans les provinces de Kirkouk, Diyala et Anbar. L'EI s'était emparé de larges pans de territoire au nord et à l'ouest de Bagdad lors d'une offensive éclair en 2014, avant d'en être chassé progressivement à la faveur d'une contre-attaque menée par les forces de sécurité irakiennes, appuyées par la coalition internationale sous commandement américain.

Des djihadistes accusés de meurtres, d'attentat, de trafic d'armes

Ces djihadistes sont accusés de meurtres, d'attentats à l'explosif, d'attaques contre les force de sécurité et de financement et d'acheminement d'armes à l'EI. Parmi eux se trouvent notamment Farès Mohammad Younès al Maola, «wali» (gouverneur) de l'EI pour une région dans le nord-ouest de l'Irak, ainsi que Saddam Hussein al Joubouri, l'«émir» d'une «wilaya» (région) au sud de Mossoul. Il y a également Fawaz Mohammad Moutlaq, ancien officier des Feddayin de Saddam Hussein – une organisation paramilitaire – et membre du conseil militaire de l'EI, ainsi que ses trois fils.

Parmi les djihadistes d'Al-Qaïda, figure notamment Abdel Nasser al Janabi, mufti, financier de cette organisation terroriste et ex-député. Quant aux membres du parti Baas qui sont recherchés, en plus de la fille de l'ancien président irakien, se trouve Mohammad Younes al-Ahmad, dirigeant d'une des branches souterraines de ce parti depuis sa dissolution en 2003.

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