Le soutien des USA aux «terroristes» kurdes pourrait mener à une confrontation, prévient la Turquie

Le soutien des USA aux «terroristes» kurdes pourrait mener à une confrontation, prévient la Turquie
Des membres de la force frontalière kurde, soutenue par les Etats-Unis, s'entraînent en Syrie en janvier 2018, photo ©Rodi Said/Reuters

Le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag a mis en garde les Etats-Unis contre le risque d'une confrontation directe entre les deux pays. Ankara exhorte en particulier Washington de cesser de soutenir les forces kurdes de Syrie.

Six jours après le début de l'opération turque «Rameau d'Olivier» visant les milices kurdes de l'enclave d'Afrin en Syrie, le bras de fer entre les Etats-Unis et la Turquie continue. Ankara a même brandi le risque d'un affrontement direct ce 25 janvier.

Dans une interview accordée à la chaîne turque A Haber, le vice-Premier ministre turc et porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, a mis en demeure Washington de cesser de soutenir les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), dans le nord de la Syrie. «Les Etats-Unis doivent ré-examiner [la présence de] leurs soldats et autres éléments, lesquels soutiennent les terroristes, de façon à éviter une confrontation directe avec la Turquie», a-t-il déclaré. «Ceux qui soutiennent les organisations terroristes seront pris pour cible dans cette bataille», a-t-il encore prévenu.

Sur le dossier syrien, Ankara joue serré. La Turquie est l'alliée des Etats-Unis dans le cadre de l'OTAN, dont elle est l'un des piliers historiques, mais s'est rapprochée de la Russie et de l'Iran avec les pourparlers d'Astana sur la Syrie. La situation est particulièrement problématique sur la question des Kurdes de Syrie,  alors que la Turquie est confrontée, sur son territoire, à l'indépendantisme kurde et aux attentats attribués au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Aussi, la perspective de la création d'un Kurdistan syrien constitue pour Ankara une ligne rouge. Le 14 janvier dernier, Washington a mis le feu aux poudres en annonçant la création d'une force frontalière dans le nord de la Syrie, s'appuyant sur les FDS, une coalition de groupes rebelles soutenus par Washington, incluant des combattants des milices kurdes des YPG (Unités de protection du peuple). Ankara accuse les YPG d'être la branche syrienne du PKK, qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie.

Le lendemain, 15 janvier, le chef d'Etat Recep Tayyip Erdogan turc avait prévenu qu'il comptait «tuer dans l’œuf cette armée terroriste». Cinq jours plus tard seulement, la Turquie lançait l'offensive «Rameau d'Olivier», ouvrant un nouveau front en Syrie.

Le 24 janvier, le chef d'Etat américain Donald Trump a pressé son homologue turc de limiter l'offensive turque sur Afrin. Après l'élimination de Daesh du territoire syrien, les belligérants restants courent de plus en plus le risque de se retrouver face à face.

Lire aussi : Le gouvernement syrien condamne «l'agression turque brutale sur Afrin»

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