La Hongrie entend taxer les ONG accusées de faciliter l'immigration

- Avec AFP

La Hongrie entend taxer les ONG accusées de faciliter l'immigration© Attila Kisbenedek Source: AFP
Manifestation devant le parlement hongrois le 30 septembre 2016, contre la politique migratoire du gouvernement Orban. Des activistes tiennent une bannière "bienvenue aux réfugiés", tandis qu'un vieil homme montre une feuille sur laquelle il a inscrit "Moi aussi j'étais un réfugié".

Le gouvernement hongrois souhaite taxer à 25% les financements étrangers des ONG de défense des droits civiques dans le pays qu'il accuse d'aider les migrants. En ligne de mire : les organisations subventionnées par le milliardaire George Soros.

La Hongrie a détaillé le 18 janvier un projet de loi prévoyant l'instauration d'une taxe spéciale pour les ONG accusées par Budapest de faciliter l'immigration, une mesure visant des organisations financées par le milliardaire américano-hongrois George Soros, bête noire du Premier ministre conservateur Viktor Orban.

Les ONG concernées feront l'objet «d'une taxe de 25% sur leurs financements étrangers, dont le produit sera affecté à la défense des frontières», a déclaré à la presse le directeur de cabinet de Viktor Orban, Janos Lazar.

Le projet de loi, qui doit être soumis au Parlement en février, prévoit également des interdictions de territoire pour les ressortissants étrangers soupçonnés de favoriser l'entrée en Hongrie de demandeurs d'asile.

Des barbelés aux frontières serbe et croate pour contrer l'immigration illégale

Farouchement opposées à toute immigration illégale, les autorités hongroises ont fait ériger en 2015 une clôture barbelée aux frontières serbe et croate de la Hongrie et mènent depuis plusieurs mois une campagne contre George Soros, que Budapest accuse de vouloir favoriser une «immigration de masse» vers l'Union européenne.

Le milliardaire américain d'origine hongroise, qui finance plusieurs ONG dans le pays, a réfuté ces allégations, les qualifiant de «mensongères» et à tonalité «antisémite». Pour autant, sa fondation Open Society ne fait pas mystère de son intense travail de lobbying pour faire avancer ses idéaux auprès des eurodéputés, dont elle a répertorié ses «alliés fiables» dans un document. George Soros lui-même, en outre, fustige le «nationalisme» qui serait devenu «l'idéologie dominante» dans le monde.

Le 18 janvier, le porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltan Kovacs, a une nouvelle fois accusé George Soros de soutenir «des groupe d'aide aux migrants, déguisés en organisations de défense des droits de l'Homme».

Dans une précédente mesure visant le milliardaire, la Hongrie avait adopté en juin une loi obligeant les ONG recevant plus de 24 000 euros de financements étrangers par an à se soumettre à un enregistrement spécifique, ce qui avait provoqué l'ouverture par Bruxelles d'une procédure d'infraction.

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1 291 réfugiés accueillis malgré tout en Hongrie

La nouvelle offensive contre George Soros intervient alors que Viktor Orban, qui briguera un troisième mandat d'affilée lors d'élections législatives en avril, est chahuté par son opposition après la publication de statistiques selon lesquelles la Hongrie a accueilli 1 291 réfugiés en 2017, en contradiction apparente avec la politique affichée par le gouvernement.

Le gouvernement hongrois a toutefois assuré s'être simplement plié à ses obligations internationales en matière d'asile, et n'avoir jamais tenu de chiffre secret.

La Commission européenne a renvoyé en décembre trois pays, dont la Hongrie, devant la justice européenne pour avoir refusé les quotas européens d'accueil de réfugiés. La Hongrie a souligné vouloir pouvoir décider par elle-même des personnes qu'elle accueille.

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