«Pays de merde»: Haïti et l'Union africaine s'indignent des propos de Trump, qui nie les avoir tenus

«Pays de merde»: Haïti et l'Union africaine s'indignent des propos de Trump, qui nie les avoir tenus© SAUL LOEB
Le président américain Donald Trump

Les Etats africains ont réagi avec colère aux propos attribués au président américain. Il se serait emporté sur l'immigration qualifiant, selon la presse, des nations africaines et Haïti de «pays de merde». L’intéressé nie avoir employé ces termes.

De la colère et de l'amertume ont été exprimées le 12 janvier par les dirigeants africains, après la révélation de propos attribués au président américain Donald Trump, sur le thème de l'immigration. Il aurait ainsi qualifié, selon certains médias, des nations africaines et Haïti de «pays de merde».

L'Union africaine (UA) a qualifié ces remarques de «blessantes» et «dérangeantes». «C'est d'autant plus blessant compte tenu de la réalité historique du nombre d'Africains qui sont arrivés aux Etats-Unis comme esclaves», a déclaré à l'AFP Ebba Kalondo, porte-parole du président de la Commission de l'UA Moussa Faki. Mais les Etats-Unis, selon elle, sont un «pays qui représente bien plus qu'un seul homme ou qu'une déclaration».

Le gouvernement haïtien condamne avec la plus grande fermeté ces propos odieux et abjects

De son côté, le gouvernement haïtien juge inacceptable les propos dénigrant Haïti prêtés à Donald Trump, les jugeant «simplistes et racistes», dans un communiqué publié le 12 janvier, jour anniversaire du séisme qui a fait 200 000 morts dans le pays en 2010.

«Le gouvernement haïtien condamne avec la plus grande fermeté ces propos odieux et abjects qui, s'ils étaient avérés, seraient, à tous égards, inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste totalement erronée», écrit le gouvernement. 

Egalement, le Bostwana a annoncé le 12 janvier avoir convoqué l'ambassadeur américain pour lui faire part de «son mécontentement». 

La ministre des Affaires étrangères du Botswana, Pelonomi Venson-Moitoi, a déclaré sur Twitter que les remarques de Donald Trump avaient porté un «coup cinglant» aux relations diplomatiques entre Washington et les Etats africains.

En Afrique du Sud, le parti au pouvoir, le Congrès national africain, a qualifié les propos de Donald Trump d'«extrêmement offensants», alors qu'Ateny Wek Ateny, porte-parole du président du Soudan du Sud, pays en guerre depuis décembre 2013, a qualifié les déclarations de «scandaleuses».

«Si c'est confirmé, il s'agit de commentaires choquants et honteux de la part du président des Etats-Unis. Désolé, mais il n'y a pas d'autre mot que racistes», a affirmé, pour sa part, le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville.

Des injures qui ne passent pas dans la société civile africaine

Outre les politiques, nombre de citoyens africains ont manifesté leur mécontentement.

L'Afrique n'est pas «un endroit de merde», a par exemple tweeté l'ancien champion du monde d'athlétisme Bernard Lagat, coureur de demi-fond naturalisé américain en 2004. «Je suis le fils d'un continent étincelant qui s'appelle l'Afrique, et j'en suis fier. Mon héritage est profondément ancré dans mes racines kényanes», a-t-il ajouté.

Exprimant leur mépris face au président, des internautes ont partagé sur les réseaux sociaux des photos de gratte-ciels ou de beaux paysages de pays africains, accompagnées du hashtag #shithole (expression qui aurait été utilisée par Donald Trump pour qualifier les «pays de merde»).

Donald Trump nie avoir tenu ce langage

Le président américain se serait emporté le 11 janvier lors d'une réunion dans le Bureau ovale avec plusieurs sénateurs, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. 

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?», aurait demandé Donald Trump, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes assurant que le président faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti et au Salvador. Ces propos ont également été rapportés par leNew York Times, citant des participants non identifiés à la réunion.

Mais Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait pas utilisé l'expression «pays de merde»: «Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur, mais ce ne sont pas les mots utilisés», a-t-il tweeté.

Enfin, le président américain a assuré sur Twitter n'avoir «jamais rien dit de péjoratif contre les Haïtiens».

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