Pour le renseignement allemand, les enfants de djihadistes pourraient constituer une menace

Pour le renseignement allemand, les enfants de djihadistes pourraient constituer une menace© Khalil Ashawi Source: Reuters
Enfants posant près d'un mur peint aux couleurs de Daesh près de Deir ez-Zor en Syrie en octobre 2017.

Selon le chef des services de renseignement allemands, «les enfants du djihad» de retour de Syrie et d'Irak pourraient représenter une menace future en raison des personnes avec qui ils ont été en contact.

Alors qu'environ 950 combattants originaires d'Allemagne sont venus grossir les rangs de Daesh en Irak et en Syrie, les femmes et les enfants qui les ont accompagnés constituent une source de préoccupation pour les services du renseignement intérieur allemands. La plupart des membres de ces familles djihadistes sont en effet sur le point de rentrer au pays ou ont déjà quitté les zones de guerre, où l'Etat islamique semble vivre ses derniers jours.  

Nous voyons le danger des enfants ayant côtoyé et été endoctrinés par des djihadistes de retour en Allemagne depuis des zones de guerre

«Nous voyons le danger des enfants ayant côtoyé et été endoctrinés par des djihadistes de retour en Allemagne depuis des zones de guerre», a ainsi déclaré Hans-Georg Maassenn, le patron de l'Office fédéral de protection de la constitution (BfV), le service allemand de renseignement intérieur, le 19 octobre. «Cela pourrait permettre à une nouvelle génération de djihadistes de grandir ici», s'est-il inquiété.

L'Etat islamique a de nombreuses fois exploité des enfants dans ses productions de propagande, leur faisant parfois commettre des crimes comme des exécution dans des vidéos diffusées sur internet. La plupart de ces mineurs, parfois étrangers, ont été amenés par leurs parents dans ces zones de guerre. Certains, se retrouvant orphelins après leur mort, posent un problème aux autorités locales qui essaient, lorsqu'ils sont étrangers, de les renvoyer dans leur pays d'origine.

Le chef des services de renseignement allemands a par ailleurs pointé du doigt le manque de stratégie commune entre les services à l'enfance, la justice et la sécurité intérieure. Le chef du BfV a par ailleurs appelé à la vigilance les services publics et leur a demandé de signaler au renseignement intérieur tout cas suspect.

Le BfV suit aussi de très près le cas des réfugiés majeurs accueillis en Allemagne depuis 2015, dans les rangs desquels des djihadistes auraient pu s'infiltrer. «Nous évoquons l'hypothèse que beaucoup [des] signalements [de djihadistes parmi les réfugiés] sont sérieux et valent donc la peine d'être examinés», a expliqué Hans-Georg Maassenn.

A la suite d'attentats ayant impliqué des mineurs, comme dans le cas d'un jeune réfugié de 17 ans ayant attaqué à la hache les passagers d'un train avant d'être abattu par la police dans un attentat revendiqué par Daesh en juillet 2016, le responsable a plaidé pour la suppression au niveau national de l'âge minimum légal pour la surveillance de personnes suspectées de velléités djihadistes. 

«En Bavière, nous avons aboli l'âge limite pour la surveillance [...] Normalement l'agence de renseignement en Bavière ne placera pas d'enfants sous surveillance. Mais s'il y a des éléments concrets montrant qu'un enfant de 12 ans est lié à un groupe islamiste, nous devons être capables de le surveiller», a-t-il déclaré avant d'ajouter, qu'il était très urgent d'élargir cette mesure à toute l'Allemagne. 

Un exemple qui est hélas loin d'être inconcevable : en décembre 2016, un Germano-Irakien de 12 ans avait essayé de déclencher une bombe sur le marché de Noël de Ludwigshafen, dans l'Ouest de l'Allemagne. 

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