Panama Papers : une blogueuse maltaise à l'origine de révélations assassinée dans une voiture piégée

- Avec AFP

Panama Papers : une blogueuse maltaise à l'origine de révélations assassinée dans une voiture piégée© STR Source: AFP
Restes de la voiture où se trouvait Daphne Caruana Galizia
Suivez RT France surTelegram

Daphne Caruana Galizia, journaliste d'investigation maltaise, a été assassinée dans un attentat à la voiture piégée le 16 octobre. Elle avait activement participé à l'enquête des Panama Papers et avait fait des révélations importantes dans son pays.

Le 16 octobre, la blogueuse Daphne Caruana Galizia, à l'origine d'accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin à Malte, a été assassinée, déclenchant une vague d'indignation dans le pays.

Une puissante explosion a détruit la voiture dans laquelle elle circulait près de son domicile à Bidnija, dans le nord de l'île, propulsant la carcasse calcinée du véhicule dans un champ voisin. Dans la soirée, des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées à Sliema, près de la capitale, La Valette, lors d'une veillée, bougies à la main, pour rendre hommage à la journaliste tuée dans l'explosion de sa voiture.

Le gouvernement maltais dénonce un acte «barbare»

Lors d'un point de presse, le Premier ministre maltais, Joseph Muscat (centre-gauche), dont l'entourage proche a été la cible de violentes attaques de Daphne Caruana Galizia, a dénoncé un acte «barbare» et ordonné aux forces de l'ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que son ou ses auteurs soient traduits en justice.

«Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd'hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d'expression», a-t-il déclaré, promettant que justice serait faite et appelant l'île à l'union.

Agée de 53 ans, Daphne Caruana Galizia a travaillé comme chroniqueuse dans plusieurs médias maltais mais était surtout connue pour le blog dans lequel elle a révélé plusieurs affaires de corruption.

Début juin, Joseph Muscat avait remporté une large victoire lors d'élections législatives anticipées convoquées à la suite d'une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches, dans la révélation desquels la journaliste avait joué un rôle central.

Michelle Muscat, l'épouse du Premier ministre, a ainsi été accusée d'avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l'Azerbaïdjan en échange de l'autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. «Le plus gros mensonge de l'histoire politique maltaise», avait réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d'une enquête qu'il a lui-même réclamée.

Mais il n'a pas appliqué ce principe à son ministre de l'Energie, Konrad Mizz, ni à son chef de cabinet, Keith Schembri, toujours en poste alors qu'ils détenaient des comptes secrets au Panama.

Un dernier article prophétique 

Dans son dernier article, publié sur son blog une heure avant sa mort, Daphne Caruana Galizia a répété ses accusations contre Keith Schembri, le qualifiant «d'escroc» qui userait de son influence au gouvernement pour s'enrichir. «Il y a des escrocs partout où l'on regarde maintenant, la situation est désespérée», concluait-elle. 

Au printemps, le magazine Politico avait classé Daphne Caruana Galizia parmi les «28 personnalités qui font bouger l'Europe», la décrivant comme «un WikiLeaks à elle seule, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte.»

A Bruxelles, le groupe PPE (droite, majoritaire), a évoqué «un crime innommable et une attaque contre la liberté d'expression», tandis que le commissaire européen maltais Karmenu Vella (Pêche et Environnement) a dénoncé «une attaque contre [la] démocratie».

Lire aussi : Panama Papers : Facebook bloque un journaliste qui met en cause le Premier ministre de Malte

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix