L'ex-ambassadeur russe aux USA fustige «le sentiment d'exceptionnalisme absolu des Américains»

L'ex-ambassadeur russe aux USA fustige «le sentiment d'exceptionnalisme absolu des Américains» © Andrew Winning
(Image d'illustration)

Pour Sergueï Kislyak, les relations russo-américaines resteront difficiles tant que les Etats-Unis s'arrogeront le droit de définir ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Il dénonce en outre la hargne dont sont victimes RT et Sputnik.

Sergueï Kislyak a terminé en juillet dernier sa mission en tant qu'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis et n'est donc plus contraint de s'astreindre à le retenue qu'impose la fonction. Une liberté de parole dont le diplomate a décidé de faire bon usage pour commenter les nouvelles sanctions contre Moscou votées par les deux chambres du Congrès américain et promulguées par Donald Trump le 2 août.

Interrogé par la chaîne de télévision Rossiya 24, il a refusé d'interpréter cet épisode comme un retour à la guerre froide et a offert sa propre lecture de la situation : «Le problème dans nos relations [avec les Etats-Unis] est le sentiment d'exceptionnalisme absolu des Américains et leur prétendu droit de dire à tout le monde ce qui est bon et ce qui est mauvais.»

Et Sergueï Kislyak de s'émouvoir, dans ce contexte, du sort réservé par les Américains – et plus largement les Occidentaux – aux médias à vocation internationale de son pays. «Les uns après les autres, des outils sont créés pour contrer RT et Sputnik», a noté le diplomate. «Ces deux médias sont presque vus comme une menace d'invasion hybride dans beaucoup de pays», a-t-il constaté, avant de conclure d'un laconique : «C'est surprenant.»

En France, RT est une cible privilégiée d'Emmanuel Macron, qui le considère comme un média de propagande. Un point de vue partagé par le Parlement européen qui a de son côté voté une résolution visant à «contrer la propagande russe» en novembre dernier. Aux Etats-Unis, une sénatrice l'a notamment accusé de «discréditer la démocratie américaine» en faisant de la «désinformation», et a estimé qu'ils étaient aussi dangereux que la «propagande nazie», tandis que le renseignement américain a accusé RT, dans un rapport moyennement convaincant, d'avoir contribué à la supposée ingérence russe dans l'élection américaine.

Lire aussi : Résolution contre les médias «russes» : l'Union européenne ne supporte plus qu'on la critique

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.