Israël retire les détecteurs de métaux à l'esplanade des Mosquées, le boycott maintenu (VIDEO)

- Avec AFP

Israël retire les détecteurs de métaux à  l'esplanade des Mosquées, le boycott maintenu (VIDEO)© Ammar Awad Source: Reuters
Israël va cesser d'utiliser des détecteurs de métaux aux entrées de l'esplanade des Mosquées

Les autorités musulmanes ont annoncé maintenir le boycott de l'esplanade des Mosquées après qu'Israël a retiré les détecteurs de métaux qu'il avait installés aux entrées de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, engendrant une vague de violences.

La décision de ne plus utiliser de détecteurs de métaux aux entrées de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, a été annoncée par le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou, après une intense mobilisation diplomatique internationale visant à empêcher une extension de la crise au-delà d'Israël et des territoires palestiniens.

Dans la foulée les autorités musulmanes, citées par l'AFP, on fait savoir qu'elles maintenaient le boycott de l'esplanade des Mosquées.

Le cabinet de sécurité israélien avait accepté «la recommandation de tous les organismes de sécurité de remplacer l'inspection au moyen de détecteurs de métaux par une inspection de sécurité basée sur des technologies de pointe et sur d'autres moyens», avait déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

L'esplanade des Mosquées est le troisième lieu saint de l'islam. Il s'agit également du lieu le plus sacré du judaïsme, les juifs l'appelant «Mont du Temple».

Des responsables musulmans ont déclaré que les détecteurs avaient été enlevés à toutes les entrées.

Quelques centaines de Palestiniens se sont rassemblés pour célébrer la nouvelle près d'une des entrées de l'esplanade. Quelqu'un a tiré un feu d'artifice, déclenchant une intervention de la police israélienne qui a dispersé le rassemblement avec des grenades assourdissantes.

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Des caméras installées

Il n'était pas possible de savoir immédiatement quelle était la nature des «technologies de pointe» mentionnées par le communiqué officiel israélien. Mais des caméras ont été installées cette semaine à certaines entrées du site.

On ignorait également si ces nouveaux dispositifs seraient acceptés par les Palestiniens.

«Ce mouvement [les protestations des Palestiniens durant depuis plusieurs jours] est un mouvement de la rue», a déclaré cheikh Raed Dana, un responsable du Waqf, l'organisme qui administre les biens musulmans. «Nous, en tant que Waqf, nous écoutons la rue. Si la rue dit oui, nous disons oui ; si la rue dit non aux mesures, nous dirons non», a-t-il précisé.

Les autorités israéliennes avaient installé les détecteurs de métaux aux entrées de l'esplanade à la suite de l'assassinat le 14 juillet de deux policiers israéliens par trois Arabes israéliens.

Les Palestiniens ont interprété cette mesure comme le signe d'une intention des Israéliens d'étendre leur contrôle sur le site. Pour protester, ils ont refusé de se rendre sur l'esplanade et ont décidé de prier dans les rues environnantes.

Au cours de manifestations de protestation contre les détecteurs, des affrontements ont éclaté à plusieurs reprises entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes au cours desquels cinq Palestiniens ont été tués.

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Pendant la même période, trois colons israéliens ont été tués à coups de couteau par un Palestinien entré dans une maison d'une implantation israélienne.

La décision d'enlever les détecteurs de métaux intervient après des discussions entre Banjamin Netanyahou et le roi Abdallah II de Jordanie. Le souverain a demandé par téléphone au chef du gouvernement israélien le retrait des détecteurs de métaux.

La Jordanie est le gardien officiel des lieux saints musulmans de Jérusalem.

La décision intervient aussi après l'arrivée le 24 juillet en Israël de l'émissaire pour le Proche-Orient du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt, avec lequel Benjamin Netanyahou s'est entretenu dès son arrivée.

Risque d'extension

Dans la journée du 24 juillet, l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Nikolaï Mladenov, avait déclaré qu'il était «extrêmement important» que la crise soit résolue avant le 28 juillet, jour de la prière pour les musulmans, pour éviter une poursuite de l'escalade.

«Les dangers vont aller en augmentant si nous passons un autre cycle de prière du vendredi sans une résolution de la crise actuelle», avait prévenu Nikolaï Mladenov, qui s'exprimait après une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à cette crise.

Certains estiment qu'un incident diplomatique survenu le 23 juillet à Amman pourrait avoir contribué à la prise de décision israélienne.

Un garde israélien de l'ambassade d'Israël y a en effet tué par balles un travailleur jordanien qui l'avait attaqué au tournevis, selon le ministère israélien des Affaires étrangères. Un autre Jordanien a été tué dans l'incident, apparemment accidentellement.

On ignore si l'incident était directement lié aux tensions autour de l'esplanade des Mosquées.

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