La police italienne avoue avoir commis des actes de torture pendant le G8 de 2001 à Gênes

La police italienne avoue avoir commis des actes de torture pendant le G8 de 2001 à Gênes © Max Rossi Source: Reuters
Franco Gabrielli à Rome en 2015.

Le chef de la police italienne a fait le mea culpa officiel des forces de l'ordre sur la gestion «catastrophique» du G8 de Gêne en 2001. Un jeune homme avait été tué, et de graves abus auraient été perpétrés sur des personnes innocentes.

Dans un entretien accordé à la Repubblica du 19 juillet, Franco Gabrielli, chef de la police depuis 2016, a avoué que la gestion par les forces de l'ordre des manifestations alter-mondialistes contre le G8 avait été «catastrophique». «A Gênes, un nombre incalculable de personnes innocentes ont subi des violences physiques et psychologiques qui les ont marquées à vie. Si aujourd'hui encore, seize ans plus tard, c'est un motif de douleur, de rancœur, de défiance, cela signifie que la réflexion n'a pas été suffisante», a-t-il confessé.

Décrivant les sévices infligés à des manifestants innocents, Franco Gabrielli a utilisé le terme d'«actes de torture», nomment pour des interpellés conduits à la caserne de Bolzaneto. Au sujet de l'intervention de membres d'unités d'élite qui ont investi une école où dormaient des activistes, durant le sommet, le chef de la police a parlé de boucherie. Pour justifier l'assaut, les policiers auraient accusé à tort les militants de détenir des cocktails Molotov.

En 2001, les violences commises en marge de la manifestation avaient fait 600 blessés et un mort en trois jours. Carlo Giuliani, un militant altermondialiste de 23 ans, avait été tué d'une balle en plein tête par un carabinier. Sa famille avait saisi la Cour européenne des droits de l’homme en 2011 et fait condamner l'Italie pour n'avoir pas poursuivi les auteurs des violences policières.

Nicola Fratoianni, dirigeant d'un parti de gauche italien et ancien leader altermondialiste en 2001, a salué les excuses et les détails présentés par le chef de la police. Franco Gabrielli estime quant à lui que les «excuses a posteriori» ne suffisent pas.

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