Kissinger : «L'idée de dominer le monde fait presque partie de l’ADN des Etats-Unis»

Kissinger : «L'idée de dominer le monde fait presque partie de l’ADN des Etats-Unis»© Valeriy Melnikov Source: Reuters

L’ancien diplomate et politologue américain juge que les difficultés que Russes et Américains rencontrent actuellement dans leurs relations viennent de leurs différences historiques de la perception du monde.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a rencontré l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger, responsable américain à l'origine de la politique de détente vis-à-vis de l'URSS dans les années 1970. Les deux hommes ont échangé leurs points de vue concernant les perspectives des relations russo-américaines et certains des problèmes régionaux qui font l'actualité.

«L'idée de dominer le monde fait presque partie de l'ADN de la politique étrangère américaine», a déclaré l’ancien diplomate en ouverture de son discours concernant l'état actuel des relations russo-américaines. Il a prétendu que l’autodétermination des deux pays au cours de ces deux derniers siècles étaient à la source des difficultés auxquelles ils font aujourd'hui face. Il a souligné que dans la hiérarchie mondiale, les Etats-Unis avaient tendance à ne pas toujours se poser comme un leader, mais comme le leader, tandis que la Russie prenait le rôle du défenseur et avocat d'un ordre mondial basé sur les principes de la religion, puis sur les principes marxistes.

«Historiquement, la Russie était concentrée sur la défense d'un immense territoire peu peuplé, avec une petite quantité de frontières naturelles et des voisins puissants. La sécurité était au centre de ses préoccupations autant à Moscou qu'à Saint-Pétersbourg. […] Les Etats-Unis, au contraire, une fois leur position dominante établie en Amérique du Nord, leurs frontières ont été physiquement sécurisées», a expliqué Henry Kissinger.

Pourtant, malgré ces différences de perception du monde, Moscou et Washington ont l'opportunité d’entamer un dialogue constructif, d'après l’ancien secrétaire d'Etat. «Nous devons savoir ce que nous cherchons à éviter, ce que nous voudrions accomplir et devons commencer par nous promettre de tendre vers une évolution pacifique et constructive où aucune partie n'adopte de mesures visant à nuire à l’autre ou à obtenir un avantage spécifique», a-t-il conclu, plaidant pour la recherche d'une «issue de coopération».

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