Le FMI loue les réformes du gouvernement grec, malgré l'échec des discussions sur la dette du pays

- Avec AFP

Le FMI loue les réformes du gouvernement grec, malgré l'échec des discussions sur la dette du pays© Louisa Gouliamaki Source: AFP
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Si les créanciers de la Grèce ne sont pas parvenus à s'entendre sur un allègement de sa dette et le déblocage de nouveaux prêts, le FMI a loué les réformes menées par Alexis Tsipras. Athènes s'est dit convaincu qu'un compromis serait trouvé en juin.

Le responsable du département Europe du Fonds monétaire international (FMI), Poul Thomsen, s'est exprimé le 23 mai à Bruxelles, au lendemain d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro (l'Eurogroupe) qui s'est soldée par un échec des discussions sur un allègement de la dette grecque et le déblocage de nouveaux prêts.

Poul Thomsen a loué les mesures d'austérité et les coupes budgétaires récemment adoptées par la Grèce, estimant que plusieurs questions «sensibles» comme le système des retraites et la réforme des impôts avaient été abordées par le gouvernement d'Alexis Tsipras. 

«Pour [le FMI], pour avancer, il faut que les réformes soient complétées par un paquet sur l'allègement de la dette grecque. Nous faisons des progrès, mais on n'est pas encore arrivé au bout», a-t-il insisté, en soulignant : «Nous pensons toujours qu'il faut davantage de réalisme et qu'il faut donner plus de détails [sur cet allègement de la dette].»

Voilà des mois que le troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros accordé à Athènes en juillet 2015 patine, les créanciers ne parvenant pas à s'entendre sur la capacité du pays à faire face à son énorme dette publique (179% du PIB). Le temps presse pour la Grèce, qui a besoin d'argent pour rembourser en juillet 7,5 milliards d'euros d'anciennes créances. Or, sans accord sur la dette, pas de nouvelle tranche d'aide.

En effet, le FMI refuse de mettre la main à la poche dans le cadre du plan de sauvetage si des mesures facilitant ce remboursement ne sont pas accordées par les Européens. Une éventualité que l'Allemagne, à quelques mois d'élections législatives cruciales, a jusqu'à présent balayée d'un revers de main... tout en considérant dans le même temps la participation du FMI comme indispensable à la poursuite du programme.

Echec des discussions sur un allègement de la dette grecque 

La Grèce a imputé le 23 mai l'absence d'accord entre ses créanciers à un blocage allemand sur l'allègement de sa dette. Athènes est toutefois convaincue qu'un compromis sera trouvé d'ici mi-juin entre Berlin et le FMI. Un accord permettrait d'écarter le spectre renaissant d'un «Grexit» et soulager les inquiétudes sur la zone euro.

«Nous sommes très proches de cet accord [sur un allègement de la dette grecque]», avait par ailleurs estimé le 22 mai le président néerlandais de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, malgré l'échec des négociations et le renvoi à de nouvelles discussions en juin.

Selon Jeroen Dijsselbloem, la réunion de l'Eurogroupe aura au moins permis de s'accorder sur la trajectoire budgétaire de la Grèce : Athènes devra dégager jusqu'en 2022 un excédent budgétaire primaire (c'est-à-dire hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du PIB.

Une source proche des négociations a par ailleurs estimé que la zone euro débourserait «à temps» l'argent dont la Grèce a besoin en juillet. «Il n'y aura pas de crise cet été, pas de drame», a rassuré cette source, citée par l'AFP.

De plus, et selon le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, une solution aurait été envisagée le 22 mai : le FMI aurait promis une participation financière au programme d'aide, mais ne l'aurait concrétisée qu'à la fin du plan d'aide – donc après juillet 2018 – quand toutes les modalités de l'allègement de la dette grecque auraient été clairement définies. Mais, selon Wolfgang Schäuble, la Grèce espérait un meilleur scénario et aurait refusé cette solution.

Soumise à une stricte austérité depuis l'éclosion de la crise de la dette en 2010, la Grèce peine à sortir de la récession : le PIB a reculé de 0,5% sur un an au premier trimestre, après une croissance zéro en 2016. A terme, l'objectif du plan d'aide est de permettre un retour du pays sur les marchés d'emprunt pour qu'il puisse se financer.

Lire aussi : La Grèce parvient à un accord préliminaire avec ses créanciers

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