Le président bulgare accuse la Turquie d'ingérence dans les prochaines élections

- Avec AFP

Le président bulgare accuse la Turquie d'ingérence dans les prochaines élections© Stoyan Nenov Source: Reuters
Une manifestation à Sofia

Le président bulgare Rumen Radev a accusé la Turquie voisine d'ingérence dans la campagne électorale pour les élections législatives anticipées du 26 mars dans son pays, et prévenu que son gouvernement ne l'accepterait pas.

«La Turquie est notre voisin, notre ami et notre partenaire et nous sommes déterminés à développer des relations de bon voisinage», a déclaré le président bulgare Rumen Radev à la télévision publique BNT. «Mais l'ingérence de la Turquie dans nos élections est un fait et cette ingérence est inadmissible», a-t-il martelé.

Ces propos interviennent après une semaine de tensions entre les deux pays au sujet du soutien apporté par Ankara au nouveau parti de la minorité turque Dost («ami» en turc). Cette minorité compte environ 700 000 personnes, sur une population totale de 7,4 millions en Bulgarie, et quelque 60 000 Turcs jouissant de la citoyenneté bulgare votent en Turquie.

Le ministre turc des Affaires sociales, Mehmet Muezzinoglu, a appelé les citoyens bulgares d'origine turque à voter pour Dost. Et le 7 mars, Sofia a convoqué l'ambassadeur de Turquie, Süleyman Gökçe, pour dénoncer son apparition dans un clip électoral de ce parti.

Ces gestes ont provoqué la colère de Sofia qui dénonçait déjà l'ingérence de la Turquie dans les affaires bulgares.

Le chef de l'Etat bulgare a appelé au calme. Mais, a-t-il prévenu, «les institutions bulgares et les services compétents travaillent activement à l'élimination de toutes les ingérences dans notre processus électoral et nos affaires internes».

Alors que les relations entre plusieurs pays de l'Union européenne et Ankara se sont dégradées en raison d'interdictions faites à des officiels turcs de tenir des meetings pour le référendum constitutionnel turc du 16 avril, Sofia craint que l'accord migratoire UE-Turquie de mars 2016 soit fragilisé.

Comme la Grèce, la Bulgarie, qui partage quelque 270 km de frontière avec la Turquie, estime qu'elle serait touchée de plein fouet si Ankara dénonçait cet accord, a expliqué le président bulgare dans son intervention.

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«La montée des tensions sur l'axe UE-Turquie aura les plus fortes répercussions sur la Bulgarie parce que nous sommes en première ligne», a souligné Rumen Radev.

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