Des manifestants turcs mettent le feu à un drapeau néerlandais... ou français ? (VIDEO)

Des manifestants turcs mettent le feu à un drapeau néerlandais... ou français ? (VIDEO)© Ruptly

En pleine crise diplomatique entre Ankara et La Haye, de jeunes Turcs ont brûlé sur une place publique un drapeau tricolore... qui pourrait être le drapeau du royaume des Pays-Bas, mais aussi celui de la République française.

Le happening politique a eu lieu le 11 mars, sur la place Cumhuriyet de la ville de Samsun, dans le nord de la Turquie : un groupe d'une dizaine d’individus ont mis le feu à un drapeau bleu-blanc-rouge, tout en entonnant l’hymne national turc et en déployant une grande oriflamme de leur pays.

«Il n’est pas donné à tout le monde d’humilier la nation turque. Nous, les jeunes Turcs, sommes prêts à mourir à n’importe quel moment et n’importe où pour notre pays et notre drapeau», a confié l’un des organisateurs de l’événement, Omer Zozik, selon des propos rapportés par le journal Gazete Duvar

Cette démonstration de nationalisme turc est survenue en pleine crise diplomatique entre la Turquie et les Pays-Bas. Néanmoins, différents médias et internautes ont estimé que les jeunes hommes  avaient mis le feu à un drapeau français, et non à un pavillon néerlandais... Il est en effet aisé de confondre l'un et l'autre, le premier comportant des bandes bleu-blanc-rouge verticales, et le second des bandes horizontales de mêmes couleurs.

La version turque de la chaîne américaine CNN a ainsi affirmé que les manifestants avaient brûlé un drapeau français en croyant qu'il s'agissait du symbole des Pays-Bas. De même, un certain nombre d'internautes ont considéré que c'est bien un drapeau français qui a été embrasé sur la place Cumhuriyet de Samsun.

Si l'intention véritable des manifestants n'est pas claire, il serait surprenant qu'ils aient souhaité s'en prendre symboliquement à la France plutôt qu'aux Pays-Bas : c'est bien avec ces derniers que la Turquie connait depuis quelques jours de vives tensions diplomatiques.

Les 11 et 12 mars, La Haye a en effet froissé Ankara en décidant d'annuler plusieurs meetings pro-Erdogan, à l'instar d'autres pays de l'Union européenne. Dans ce cadre, les autorités néerlandaises avaient interdit à l’avion du ministre turc des Affaires étrangères d’atterrir sur le sol néerlandais, et avaient expulsé du pays sa collègue du ministère de la Famille.

Le président turc Recep Erdogan avait alors dénoncé des «vestiges nazis, fascistes», et menacé les Pays-Bas en ces termes : «[Ils] paieront le prix fort pour leur comportement indécent». De plus, des manifestants avaient remplacé le drapeau néerlandais du Consulat des Pays-Bas en Turquie par son équivalent turc, le 12 mars.

En ce qui concerne la France, la République s'est distinguée des Pays-Bas et d'autres pays européens, en acceptant qu'un rassemblement pro-Erdogan soit organisé le 12 mars, à Metz, en présence du chef de la diplomatie turque. L'événement avait été décrié, en France, par Les Républicains (LR) et le Front national (FN), mais aussi Emmanuel Macron et Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

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