Un ex-espion britannique serait à l'origine du «dossier» contesté sur Donald Trump

- Avec AFP

Un ex-espion britannique serait à l'origine du «dossier» contesté sur Donald Trump© Niklas HALLE'N Source: AFP
(Photographie d'illustration)

L'auteur du document sur les liens présumés entre le président élu des Etats-Unis et Moscou, dont la véracité est remise en cause par les grands médias américains, serait un ancien espion du MI6.

Un ex-agent des services secrets britanniques reconverti en consultant est l'auteur du «rapport» contesté par la presse américaine sur les liens présumés entre le président élu américain Donald Trump et la Russie, affirme mercredi 11 janvier le Wall Street Journal.

Ce document, qui contient de nombreuses informations non vérifiées et qui fait état d'allégations compromettantes sur Donald Trump (notamment l'existence d'une vidéo à caractère sexuel impliquant des prostituées ou des échanges d'informations pendant près d'une décennie avec le Kremlin), a été publié par le site Buzzfeed mardi 10 janvier.

Le dossier de 35 pages, qualifié de «bidon» par Donald Trump qui a assuré mercredi : «Ces choses ne se sont jamais passées», a été rédigé selon le Wall Street Journal par Christopher Steele, directeur de l'entreprise de conseil londonienne Orbis Business Intelligence, pour laquelle travaillent d'anciens agents secrets.

Christopher Steele, 52 ans, a travaillé plusieurs années à Moscou pour le MI6 et a bonne réputation dans le monde du renseignement, selon le WSJ qui cite un ancien agent de la CIA.

Un journaliste de la BBC, citant une source anonyme, affirme lui que plusieurs personnes sont à l'origine du rapport en question, et non pas le seul ex-agent du MI6 britannique. Il assure par ailleurs que plusieurs autres enregistrements existeraient, dont un audio, outre la vidéo à caractère sexuel.

Une publication contestée par la presse américaine et par WikiLeaks

La publication du supposé rapport par Buzzfeed a été accueillie durement par la presse américaine, qui a reproché au site d'informations de diffuser des documents sans être certain de leur authenticité.

Le spécialiste des médias du Washington Post, Erik Wemple, a par exemple jugé que BuzzFeed avait fait preuve d'une «logique ridicule». «Ce n'est pas vérifié, ce qui veut dire que cela nécessite un travail d'enquête complémentaire», a-t-il écrit. Pour David Graham, de la revue The Atlantic, le site d'informations «a tourné le dos à un principe de base du journalisme», tandis que pour Michael Tracey, du site Vice News, «BuzzFeed fait la promotion d'un dossier dont il admet qu'il n'est pas vérifié».

Le New York Times, enfin, a regretté que BuzzFeed «publie des affirmations non vérifiées sur Trump».

Le site créé par le lanceur d'alertes Julian Assange, WikiLeaks, a de son côté rendu le verdict suivant : «Le fichier PDF de 35 pages publié par Buzzfeed sur Trump n’est pas un rapport du renseignement. Le style, les faits et les données ne sont pas crédibles.»

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