Une militante végane jugée trop «grande gueule» se voit refuser la nationalité suisse

Une militante végane jugée trop «grande gueule» se voit refuser la nationalité suisse© Christof Stache / AFP Source: AFP
En Suisse, les habitants d'une commune peuvent prendre part à un vote pour valider ou rejeter la naturalisation d'un des leurs

Les cloches au cou des vaches et les courses de petits cochons sont des traditions helvétiques qu'il ne faut pas remettre en cause : une militante de la cause animale l'a appris à ses dépens alors qu'elle voulait être naturalisée.

Nancy Holten, une Néerlandaise de 42 ans ayant grandi en Suisse depuis l'âge de huit ans, vient de se voir refuser l'obtention d'un passeport helvétique à cause de son militantisme jugé «agaçant», rapporte le Local.

Même si elle maîtrisait parfaitement le suisse allemand et malgré les 34 années qu'elle a passées dans le pays, la quadragénaire est en effet une farouche opposante à certaines traditions suisses, telles que les courses de petits cochons ou les cloches que les vaches portent autour du cou. Dans son village du canton d'Argovie, Nancy Holten, végane de son état, est d'ailleurs bien connue pour ses prises de position, ainsi que pour les campagnes de défense des animaux qu'elle mène parfois avec fracas. «Le son des cloches des vaches atteint cent décibels, soit autant qu'une perceuse !» s'indigne-t-elle par exemple dans un journal local, rapporte le Daily Maildénonçant également «les brûlures que cela inflige aux bovins».

Si les autorités administratives du canton avaient bel et bien donné leur accord de principe à la naturalisation de Nancy Holten, ses voisins, eux, se sont montrés plus sévères. En Suisse, en effet, les habitants ont leur mot à dire dans le processus de naturalisation d'un de leur potentiel futur concitoyen. Or, certaines traditions ne semblent pas négociables : par 144 votes sur 206, les membres de la petite commune ont ainsi refusé que Nancy Holten obtienne la nationalité suisse.

Une porte-parole de la mairie explique que «les individus qui se mettent trop en avant et qui se rebellent contre des traditions locales acceptées de tous sont susceptibles d'agacer et de se faire rejeter par la communauté, qui ne désire pas les voir évoluer parmi eux». Pourtant, si elle n'obtiendra pas la nationalité suisse, rien ne contraint Nancy Holten à quitter le village où elle a vécu jusqu'ici sans encombres.

La militante végane ne semble d'ailleurs pas avoir pris la mouche, répondant volontiers aux interviews et bénéficiant d'une couverture médiatique qui ne semble pas lui déplaire. «Cela devient flippant ! Je suis en train de donner une interview à un média de Moscou. Je ne compte même plus le nombre de pays dans lesquels je passe aux infos», s'émerveille-t-elle sur Twitter.

Elle admet elle-même sa part de responsabilité : «Je crois que j'ai été trop bruyante et que je me suis un peu trop souvent exprimée», estime-t-elle, niant avoir voulu attaquer les coutumes suisses. Celle qu'un représentant politique local qualifie de «grande gueule» affirme que seul «le bien être animal» l'anime. 

En octobre 2016, la justice suisse avait déjà été confrontée à un litige entre militantisme végan et traditions locales : un jeune homme avait été réformé de l'armée à cause de son régime alimentaire. Les juges avaient finalement donné raison au plaignant, estimant qu'il incombait à l'armée de s'adapter.

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