Ministre de la Défense iranien : «Les terroristes sont les outils de la coalition occidentale»

Ministre de la Défense iranien : «Les terroristes sont les outils de la coalition occidentale»© Al Furqan / AFP Source: AFP
Répondant aux questions de RT, le ministre de la Défense iranien a accusé la coalition occidentale de faire semblant de combattre le terrorisme en Syrie

Dénonçant le jeu trouble des Occidentaux en Syrie, Hossein Dehghan estime que la sortie de crise ne se fera qu'en combattant les terroristes sans concession. Il a souligné le rôle de la coopération russo-iranienne dans le processus de paix syrien.

«La coalition occidentale est une pure façade : elle n'a l'intention de se battre ni en Syrie, ni en Irak», affirme Hossein Dehghan, le ministre de la Défense iranien, dans une interview accordée à RT ce mardi 27 décembre. «Nous ne constatons aucune volonté de leur part de s'impliquer de manière utile et significative dans la lutte contre l'Etat islamique, car ce sont précisément eux qui ont fait croître les mouvements terroristes : il en va de leur intérêt de les maintenir dans la région», a-t-il ajouté.

Il a également accusé l'Arabie saoudite et le Qatar de soutenir des organisations terroristes au Moyen-Orient, parmi lesquelles le Front Al-Nosra - désormais connu sous le nom de Fatah al-Cham. «Peut-être les forces de la coalition veulent-elles ponctuellement affaiblir les terroristes, mais en aucun cas elles n'entendent les détruire, car ils sont leur outil privilégié pour déstabiliser la région, ainsi que d'autres pays du monde», a expliqué Hossein Dehghan.

Peut-être les forces de la coalition veulent-elles ponctuellement affaiblir les terroristes, mais en aucun cas elles n'entendent les détruire

Livrant sa vision du conflit syrien et des rôles respectifs des Etats impliqués militairement, le ministre a affirmé : «Chacun doit s'engager à combattre le terrorisme et cesser de soutenir militairement, financièrement ou matériellement l'Etat islamique».

«Il faut faire le tri entre terroristes et groupes d'opposition disposés à négocier»

Hossein Dehghan a réaffirmé la position de l'Iran concernant un éventuel cessez-le-feu : celui-ci ne peut en aucun cas, selon lui, inclure l'Etat islamique ou le Front Al-Nosra. «Nous savons qu'ils ont profité de la dernière trêve pour se réarmer, se regrouper et se préparer aux combats à venir, alors même qu'ils venaient de subir d'importantes pertes», a-t-il indiqué pour justifier sa position.

«Quant aux autres groupes, ils leur appartient d'entamer des négociations politiques avec le gouvernement syrien», a-t-il précisé, rappelant «la nécessité de faire le tri entre les terroristes et les groupes d'opposition disposés à négocier».

En revanche, «l'Arabie saoudite ne devrait pas participer aux discussions concernant le processus de paix», a-t-il déclaré. Il estime que Riyad, en multipliant notamment les appels au départ du président syrien Bachar el-Assad, s'est discrédité dans le conflit syrien. 

Vers une coopération russo-iranienne renforcée

Hossein Dehghan a insisté sur le fait que la crise syrienne pouvait être réglée grâce au dialogue. «Si l'Iran, la Russie et la Syrie parviennent à un accord avec la Turquie afin de convaincre l'Etat turc de cesser de soutenir le Front Al-Nosra et de le combattre, alors nous verrons immédiatement la situation sur place s'améliorer», a-t-il estimé. Plus tôt au mois de décembre, le ministre iranien avait d'ailleurs rencontré ses homologues russe et turc, pour négocier une sortie de crise politique pour la Syrie.

Alors que le format diplomatique Russie-Iran-Turquie s'impose comme le nouveau cadre des futures négociations de paix en Syrie, la coopération entre Moscou et Téhéran montre des signes de dynamisme depuis plusieurs mois. L'aviation russe avait déjà été autorisée à utiliser la base iranienne de Hamadan pour intervenir contre les groupes terroristes en Syrie en août dernier. «Nous les y autoriserons de nouveau si nécessaire», a annoncé Hossein Dehghan.

Le 26 décembre, la Russie, l'Iran, la Turquie et la Syrie sont tombées d'accord pour que la capitale kazakhe, Astana, accueille les pourparlers de paix de la crise syrienne. Si aucune date n'a encore été arrêtée, une première réunion est prévue vers la mi-janvier.

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