Espionnage : Air France cible privilégiée de la NSA selon de nouvelles fuites permises par Snowden

Espionnage : Air France cible privilégiée de la NSA selon de nouvelles fuites permises par Snowden© ERIC PIERMONT Source: AFP
Un avion d'Air France (photographie d'illustration)

Après avoir analysé des documents confidentiels de l'agence américaine obtenus par Edward Snowden, le journal Le Monde met en lumière l'ampleur de l'espionnage américain ciblant des compagnies aériennes, ainsi qu'Israël et l'Autorité palestinienne.

Les documents confidentiels de la NSA obtenus par Edward Snowden n'ont pas fini de dévoiler leurs secrets : cette fois, c'est le quotidien français Le Monde qui, en collaboration avec le site The Intercept (fondé notamment par les deux journalistes à qui les données de l'agence de renseignement américaine avaient été initialement transmises), révèle de nouvelles informations sur l'espionnage international mené par Washington.

Des programmes d'espionnage des vols commerciaux visant Air France

Le principal sujet de cette nouvelle vague de fuites concerne les efforts conduits par les Etats-Unis – mais aussi le Royaume-Uni – pour intercepter les communications téléphoniques réalisées depuis des avions commerciaux de la compagnie aérienne nationale française.

La NSA et la GCHQ (le service de renseignement britannique), révèle Le Monde, ont en effet développé des programmes permettant d'espionner les smartphones se trouvant à l'altitude de croisière de 10 000 pieds (3 kilomètres), à l'aide d'antennes secrètes situées au sol. «Le ciel pourrait appartenir à la NSA», s'est en ce sens félicité l'agence américaine, dans une de ses newsletters internes de 2009.

L'organisme de renseignement avait indiqué s'intéresser tout particulièrement à la compagnie aérienne française depuis la fin de l'année 2003 : «la CIA considère que les vols Air France et Air Mexico sont des cibles potentielles des terroristes», affirmait un document interne. Une bonne raison, selon le service juridique de la NSA, de s'affranchir de considérations légales lorsque des vols de ces compagnies entrent dans l'espace aérien américain, et de les placer «sous la plus haute surveillance»...

Le risque terroriste, note Le Monde, n'est toutefois pas le seul motif au nom duquel la NSA se permet d'espionner les vols commerciaux étrangers : l'agence américaine suggère également que le trafic d'armes et de cigares ou les réseaux «de prolifération nucléaire» peuvent justifier l'interception de communications téléphoniques en plein ciel.

Israël et l'Autorité palestinienne surveillés de près

Autre révélation de cette analyse des données de la NSA : des diplomates israéliens (et non pas seulement le Premier ministre Benjamin Netanyahou, comme l'avaient déjà dévoilé des médias internationaux) ont été surveillés par leurs alliés américain et britannique. Les emails d'ambassadeurs en Afrique (au Kenya et au Nigéria), ainsi que le téléphone du numéro deux du ministère des Affaires étrangères, ont ainsi été interceptés par Washington et Londres. De plus, des employés de groupes privés israéliens du secteur de la défense et des centres de recherche de l’université hébraïque de Jérusalem ont fait l'objet d'espionnage.

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L'Autorité palestinienne n'est pas mieux lotie : Le Monde parle d'une «surveillance intensive» de ses responsables politiques par le GCHQ britannique. De nombreuses délégations palestiniennes à l'étranger (et notamment en France) ainsi que le cabinet du secrétaire général de l'OLP (l'Organisation de libération de la Palestine, organisation politique et paramilitaire palestinienne majeure) ont vu leurs communications interceptées en 2008 et 2009. Le premier ministre de l'ex-Autorité palestinienne Ahmed Qoreï a également été ciblé par les services britanniques entre 2003 et 2006.

L'ensemble de ces données épluchées par Le Monde ont été acquises par Edward Snowden, ex-employé de la NSA qui a révélé, en 2013, l'ampleur des programmes de surveillance de cet organisme. Poursuivi par la justice américaine en raison de cette initiative, l'Américain de 33 ans, perçu comme un traître par certains Américains et comme un héros par d'autres, vit en exil en Russie depuis 2013, d'où il continue à militer pour la liberté d'expression et la transparence des gouvernements.

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