La France veut une réunion «immédiate» du Conseil de sécurité de l'ONU sur Alep

La France veut une réunion «immédiate» du Conseil de sécurité de l'ONU sur Alep© Ammar Abdullah Source: Reuters
De la fumée s'élève près d'une route endommagée dans la partie ouest d'Alep, contrôlée par le gouvernement, en octobre 2016

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à se réunir au plus vite afin de se pencher sur la situation humanitaire de la ville syrienne, toujours en proie aux troubles.

«Plus que jamais, il y a urgence à mettre en œuvre une cessation des hostilités et à permettre un accès sans entrave de l’aide humanitaire», a estimé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault dans un communiqué du mardi 29 novembre, tout en demandant une réunion «immédiate» du Conseil de sécurité de l'ONU afin «d’examiner la situation de cette ville martyre et les moyens d’apporter secours à sa population».

La Défense russe, sidérée par la position occidentale

«Une effarante "cécité" frappe nos collègues occidentaux quand il s’agit de l’évaluation de la situation réelle à Alep», a déploré le représentant du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov. Il a rappelé que, grâce aux actions des militaires syriens, presque la moitié du territoire d’Alep contrôlé par des djihadistes avait été libéré.

Ainsi, selon le Centre russe pour la réconciliation des parties au conflit en Syrie, 90 000 habitants d’Alep, dont des dizaines de milliers d’enfants, ont été libérés. «Mais il s'avère que la libération […] des civils d’Alep pris en otage par les djihadistes ne faisait pas partie des plans des ministères britannique et français des Affaires étrangères, du département d’Etat américain et du Bundestag allemand», a fait remarquer Igor Konachenkov.

Les autorités syriennes et leurs alliés sont récemment parvenus à libérer douze nouveaux quartiers de la partie orientale d'Alep, portant à 40% la part de cette zone désormais contrôlée par le gouvernement. Fin novembre, les rebelles qui dominaient ces quartiers avaient ouvert le feu sur quelque 500 civils descendus dans la rue pour dénoncer les exactions commises par ces derniers.

La Russie, alliée militaire de Damas, avait tenté d'établir des corridors humanitaires afin de permettre aux habitants d'Alep-Est de fuir cette partie de la ville – mais les rebelles avaient tout fait pour empêcher la sortie des civils, pilonnant les axes d'évacuation et tirant sur les personnes tentant de les emprunter.

Les Nations unies ont récemment déploré la situation humanitaire dans la ville, alors que le conflit, dans son ensemble, a déjà fait près de 300 000 morts.

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