Le département d’Etat rejette la question de RT, refuse de traiter la chaîne comme les autres médias

Le département d’Etat rejette la question de RT, refuse de traiter la chaîne comme les autres médias Source: Reuters
Le porte-parole du département d’Etat américain John Kirby

RT a demandé au porte-parole du département d’Etat américain John Kirby de clarifier les accusations faites contre la Russie et selon lesquelles Moscou aurait ciblé des hôpitaux en Syrie. La réponse a étonné jusqu'aux journalistes d’autres médias.

Lors de la conférence de presse du 16 novembre, le porte-parole du département d’Etat John Kirby a accusé Moscou et Damas d’avoir ciblé «cinq hôpitaux et au moins une clinique mobile en Syrie». La journaliste de RT, Gayane Tchitchakyane, lui a demandé de donner des détails sur ces supposés bombardements et de préciser où ils avaient eu lieu. Mais sa requête a été rejetée.

«C’est pas moi qui lance de telles accusations, je vous ai dit que nous avions vu des rapports d'organisations humanitaires crédibles», a-t-il déclaré. Les localisations de ces hôpitaux restent donc inconnues, tout comme les noms des organisations humanitaires en question.

«Voici une bonne question : pourquoi ne demandez-vous pas à votre ministère de la Défense ce qu’il fait ? Vous travaillez pour Russia Today, pourquoi ne posez-vous pas ces mêmes questions à votre gouvernement ?», a-t-il poursuivi. 

«Si vous donnez une liste des hôpitaux bombardés, mes collègues pourront vérifier  auprès du ministère russe», lui a rétorqué la journaliste de RT.

Ce comportement du porte-parole du département d’Etat a étonné les journalistes qui assistaient à la conférence : «Je vous en prie d’être prudent en disant "votre ministère de la Défense" ou des choses pareilles. Elle est journaliste comme nous tous», est intervenu le correspondant de l’AP, Matt Lee.

«Elle vient de la chaîne d’Etat !», l'a interrompu John Kirby. «Je ne vais pas mettre Russia Today au même niveau que les autres, car vous représentez des médias indépendants», a-t-il conclu.

C'est alors qu'a été entendu dans la salle : «Des médias indépendants, comme la BBC ?»

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Plus tard, le département d’Etat s’est officiellement excusé auprès de Gayane Tchitchakyane et lui a envoyé des localisations d'hôpitaux qui auraient été bombardés, précisant la source de cette information : Health Cluster Turkey Hub / Health Cluster partners & NPM, une organisation humanitaire turque.

D’après cette organisation, trois hôpitaux auraient été frappés par les bombardements à Atarib, une ville située près d’Alep. Deux autres hôpitaux et une clinique mobile auraient été ciblés dans la province d’Idlib. Plusieurs personnes auraient été tuées, plusieurs autres blessées. Curieusement, l’organisation turque n’a mis personne en cause en particulier  dans cette tragédie.

Le 15 novembre, la porte-parole du département d’Etat Elizabeth Trudeau avait accusé la Russie d’avoir bombardé cinq hôpitaux en Syrie. La Défense russe a, de son côté, réfuté ces accusations. 

«Nous ne savons pas où Elizabeth Trudeau a reçu l’information sur les bombardements en Syrie. Les rumeurs sur des attaques contre cinq hôpitaux et une clinique mobile confirment le fait que toute la rhétorique du département d’Etat se base sur le mensonge total», a fait savoir le porte-parole de la Défense russe, Igor Konachenkov.

 

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