Hillary Clinton et l'Emailgate : pourquoi c'est grave

Hillary Clinton et l'Emailgate : pourquoi c'est grave
Hillary Clinton s'apprête à répondre aux questions du Comité spécial de la Chambre des représentants le 22 octobre 2015, à Washington
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Pour le grand public, c'est un véritable imbroglio. Une confusion que le camp Clinton, à défaut de pouvoir infirmer les faits, a intérêt à entretenir. Car les experts en communication le savent : quand l'opinion publique ne comprend pas, elle excuse.

Le scandale dit de l'Emailgate est à distinguer de la publication par Wikileaks de courriers électroniques piratés. Dans l'Emailgate, c'est le FBI qui mène la danse, et le scandale se décompose en deux volets, l'attaque de l'ambassade américaine de Benghazi en 2012, puis dans le cadre de l'enquête sur l'attentat, la découverte de l'utilisation par Hillary Clinton d'un serveur d'emails privé et la compromission d'informations confidentielles et classées «top secret».

Benghazi

Les faits

Le 11 septembre 2012, des combattants islamistes prennent d'assaut le consulat de Benghazi, en Libye, ainsi qu'une annexe de la CIA et tuent l'ambassadeur américain Chris Stevens ainsi que trois autres Américains.

Quand ?

Depuis octobre 2012, date de la première audition d'Hillary Clinton par le Congrès.

Est-ce grave ?

Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat, est accusée de ne pas avoir pris les mesures nécessaires afin de protéger le personnel et sécuriser les bâtiments diplomatiques. La candidate démocrate est en outre soupçonnée d'avoir présenté l'attaque comme un événement spontané et de l'avoir utilisé à des fins de communication politique alors qu'elle savait, du fait de son accès au renseignement américain, que les attaques avaient été planifiées par les terroristes.

Hillary Clinton et l'Emailgate : pourquoi c'est grave
La représentante Susan Brooks interroge Hillary Clinton. Sur son bureau, une pile d'emails d'Hillary Clinton. ©Reuters/Jonathan Ernst

Un email dévoilé par WikiLeaks atteste que l'équipe de campagne a tenté d'utiliser la controverse de Benghazi afin d'étouffer l'Emailgate en provoquant la confusion dans l'opinion publique, avec l'objectif que personne ne comprenne plus rien à l'affaire : «Je pense que nous devons vraiment déterminer si les électeurs vont y croire et si nous pouvons trouver un moyen crédible de confondre Benghazi et les emails», préconise ainsi un collaborateur d'Hillary Clinton.

L'affaire du serveur privé des Clinton

Les faits

C'est lors de l'enquête concernant l'attaque de Benghazi, qu'il apparaît qu'Hillary Clinton a utilisé un serveur de mail privé pour sa correspondance électronique en tant que secrétaire d'Etat. Outre la confusion des genres, cette pratique pose de graves problèmes de sécurité nationale.

Mais ce n'est pas tout, dans ses échanges, souvent avec des personnes étrangères à la Maison Blanche, tels des conseillers en communication et des confidents comme Sidney Blumenthal, Hillary Clinton communique des informations sensibles, voire pour certaines, classées secrètes. Sur les 30 000 emails que le FBI a passés au peigne fin, 110 d'entre eux contenaient des informations classifiées et sept chaînes de mails des contenus classés «secret défense».

Quand ?

De 2009 à début 2013, alors qu'Hillary Clinton est secrétaire d'Etat.

Est-ce grave ?

Hillary Clinton a frôlé la mise en examen après un rapport très critique de l'inspecteur général du département d'Etat. Elle est sauvée par le gong lorsque la secrétaire à la Justice et procureur général des Etats-Unis Loretta Lynch décide de ne pas la poursuivre. Une semaine auparavant, les avions de Bill Clinton et de Loretta Lynch sont aperçus sur le tarmac de l'aéroport de Phoenix dans l'Arizona. Et l'ancien président entrevu montant à bord de l'appareil de la ministre de la Justice. Loretta Lynch s'est défendue de tout arrangement et a invoqué une rencontre fortuite.

Mais l'affaire rebondit malgré tout le 28 octobre 2016, alors que le FBI décide de rouvrir l'enquête après avoir pris connaissance de nouveaux emails. Le sparadrap qui a collé à Hillary Clinton pendant toute la campagne pourrait bien devenir un boulet. La compromission d'une information classée secret défense, punie de cinq ans de prison en France, pourrait en théorie valoir à Hillary Clinton jusqu'à dix ans de prison selon l'article 798 du code pénal américain.

En 2011, alors qu'elle est à la tête de la diplomatie des Etats-Unis, Hillary Clinton admoneste les ambassadeurs et leur rappelle l'obligation d'utiliser des comptes emails officiels. En 2012, elle licencie l'ambassadeur en poste au Kenya, Scott Gration, pour avoir utilisé une adresse email privée dans le cadre de ses fonctions. Pendant ce temps, Hillary Clinton envoyait des milliers d'emails depuis l'adresse HDR22@ClintonEmail.com...

Lire aussi : Le clan Clinton mis à mal par la publication d'une enquête compromettante du FBI sur Bill

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