Royaume-Uni : des vétérans et médecins condamnent le recrutement de mineurs par l'armée

© © Eddie Keogh Source: Reuters

Dans un rapport s'appuyant sur le témoignage de soldats et de médecins britanniques, une ONG dénonce l'embauche par l'armée du Royaume-Uni de militaires mineurs – une pratique légale dans ce pays – et appelle le gouvernement à agir.

Les soldats de l'armée britannique ayant été recrutés avant leurs 18 ans sont mal informées sur les risques que comporte leur métier, et bien plus susceptibles d'être tuées en mission, de se suicider ou de souffrir de problèmes de santé de long terme que leurs camarades : c'est le constat dressé par l'ONG Medact, dans un rapport intitulé «Recruitment of Child Soldier by the British Armed Forces» («Recrutement d'enfants soldats par les forces armées britanniques»), publié le 17 octobre.

Partant de ces conclusions, les auteurs de ce document enjoignent Londres à mettre fin à l'accès à l'armée pour les personnes mineures – une particularité britannique, qui n'existe dans aucun autre Etat européen. «Les lois concernant les âges minimum légaux existent pour préserver les enfants de la cigarette, de l'alcool, de la conduite ou de la vision de films violents. Il est temps pour le Royaume-Uni de rejoindre la majorité des pays du monde, et d'élever l'âge minimum de recrutement à 18 ans», a ainsi déclaré au journal The Guardian le dirigeant de Medact, David McCoy.

«L'armée a détruit mes instincts humains»

Le rapport en question ne se contente pas de condamner d'un point de vue éthique le recrutement de personnes mineures, mais pointe également du doigt, en se basant sur le témoignage de militaires et de spécialistes du monde médical, les problèmes psychologiques et sanitaires soulevés par cette politique.

Avant tout, les auteurs du rapport notent que les Britanniques mineurs ne peuvent pas choisir de manière pleinement responsable de rejoindre l'armée, dans la mesure où les carrières militaires sont rendues «glamour» par les campagnes de recrutement et les médias – en particulier pour de très jeunes individus, extrêmement influençables. De plus, le document de Medact affirme que le cerveau des recrues mineures se trouve plus vulnérable que celui des adultes aux chocs psychologiques inhérents aux métiers de l'armée.

Entre autres exemples, un soldat du nom de Steve Brown, qui a rejoint les rangs à l'âge de 16 ans, affirme dans le rapport que l'armée «lui avait promis que son travail serait "glamour", amusant et bien payé. Il n'y avait aucune mention des désavantages du métier, y compris dans les bureaux de recrutement». Une décennie après avoir changé de métier, il confie être encore «en train de [se] rétablir des damages que celui-ci» lui a infligés.

Un autre ex-soldat mineur, Wayne Sharrocks, assure que l'armée l'a habitué à obéir aux ordres sans réfléchir et a «détruit ses instincts humains», de sorte que tuer quelqu'un ne lui paraît plus quelque chose de bien significatif.

D'après le document de Medact, 22% des nouvelles recrues de l'armée britannique de l'année dernière avaient moins de 18 ans. Si les mineurs ont la possibilité de rejoindre les forces militaires dès 15 ans au Royaume-Uni, ils ne peuvent pas être envoyés sur les théâtres de guerre avant d'avoir atteint l'âge de leur majorité.

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