Rwanda : le président Kagame brandit la menace d'une nouvelle rupture diplomatique avec la France

Source: Reuters

Paul Kagame a menacé la France d'une rupture des relations diplomatiques suite à la décision de juges français de relancer leur enquête sur l'attentat contre l'ex-président Juvénal Habyarimana, attentat qui a déclenché le génocide rwandais de 1994.

«Si tout recommencer doit s'assimiler à une épreuve de force, et bien nous aurons une épreuve de force», a mis en garde le président Kagame à Kigali, lors d'un discours devant le Parlement.

Des juges français ont décidé de relancer leur enquête pour entendre l'ex-général Faustin Kayumba Nyamwasa, qui accuse l'actuel président Paul Kagame d'être l'instigateur de l'attentat contre l'ex-président Habyarimana.

En France, l'enquête ouverte à Paris après la plainte des familles de l'équipage, composé de Français, avait été close en janvier et une demande de non-lieu soumise par la défense de sept protagonistes mis en examen. La décision des juges de demander l'audition de l'ex-général Nyamwasa est susceptible d'ouvrir un nouveau délai de plusieurs mois.

Ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise (1994-2002), l'ancien général Nyamwasa s'est réfugié en Afrique du Sud où il a fait l'objet d'au moins deux tentatives d'assassinat.

Nouvelle rupture ?

Une potentielle rupture diplomatique entre les deux pays ne serait pas sans précédent : entre 2006 et 2009, à la suite de l'émission de mandats d'arrêt par un juge français contre des proches du président Kagame, soupçonnant un commando du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) d'être responsable de l'attentat contre Habyarimana, les relations diplomatiques avec la France avait été rompues, et l'ambassade de France à Kigali fermée.

«C'est la France qui devrait être sur le banc des accusés et être jugée», s'est emporté le président lundi. Les autorités rwandaises accusent toujours l'armée française d'avoir été impliquée dans le génocide de 1994.

L'attentat contre l'avion de Habyarimana le 6 avril 1994, à bord duquel se trouvait également le président ougandais, est considéré comme l'élément déclencheur du génocide des Tutsi au Rwanda, qui a fait au moins 800 000 morts. Au Rwanda, une commission d'enquête a imputé l'attentat à des extrémistes Hutu voulant se débarrasser d'un président jugé trop modéré.

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