Bahreïn : la dissolution du principal mouvement d'opposition chiite confirmée en appel

Les quartiers généraux du parti Al-Wefaq© Hamad I Mohammed Source: Reuters
Les quartiers généraux du parti Al-Wefaq

La dissolution d'Al-Wefaq, le principal mouvement de l'opposition chiite à Bahreïn, a été confirmée en appel jeudi 22 septembre, a annoncé une source judiciaire à Manama.

La décision de dissoudre le groupe Al-Wefaq, accusé  par le gouvernement de fomenter des troubles dans le pays, avait été prononcée en première instance le 17 juillet, un mois après la suspension de ses activités sur ordre de la justice.

La défense a encore la possibilité de porter l'affaire en cassation.

Al-Wefaq est un mouvement de protestation de la majorité chiite contre le pouvoir sunnite qui réclame une véritable monarchie constitutionnelle à la famille royale des Al-Khalifa.

Le tribunal qui a prononcé la dissolution du mouvement avait estimé qu'Al-Wefaq était «allé, dans son action politique, jusqu'à inciter à la violence et à encourager les manifestations et les sit-in qui sont de nature à provoquer une discorde confessionnelle dans le pays». Il «n'a cessé aussi de critiquer les institutions de l'Etat», a ajouté le tribunal.

La justice a en outre prononcé la saisie des fonds du groupe au «profit du Trésor public».

Cette dissolution avait soulevé une vague de critiques, notamment celles des Etats-Unis, de l'ONU, de l'Iran et d'organisations de défense des droits de l'Homme.

Le chef d'Al-Wefaq, le cheikh Ali Salmane, purge actuellement une lourde peine de prison pour complot contre le régime et incitation à la désobéissance. Le 20 juin, les autorités avaient déchu de sa nationalité bahreïnie le cheikh Issa Qassem, chef spirituel chiite âgé 75 ans, accusé d'«encourager le confessionnalisme et la violence» et de servir «des intérêts étrangers», faisant allusion à l'Iran.

Soutenu par l'Arabie saoudite, à Manama, le pouvoir accuse régulièrement l'Iran, importante puissance régionale dont la majorité de la population est chiite, d'ingérence dans ses affaires intérieures, ce que Téhéran a toujours démenti.



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