Sur Twitter, les groupes suprématistes blancs américains progresseraient plus vite que Daesh

Un rassemblement du «National Socialist Movement», à Los Angeles, en 2010.© DAVID MCNEW / GETTY IMAGES / NORTH AMERICA Source: AFP
Un rassemblement du «National Socialist Movement», à Los Angeles, en 2010.

Selon une étude récente, les mouvements racistes américains parviendraient sans grande difficulté à décupler leur influence sur le réseau social, alors que les fermetures de comptes djihadistes, elles, se multiplient.

Depuis 2012, le nombre de comptes Twitter liés à des mouvements américains nationalistes blancs ou néonazis ont été multipliés par plus de six : c'est ce qu'affirme une étude réalisée à l'université George Washington, que cite le journal britannique The Independent.

D'après les chercheurs, qui ont comparé la progression sur les réseaux sociaux de différents mouvements propageant des messages de «haine», les activistes suprématistes blancs américains «surpassent aujourd'hui l'Etat islamique selon presque tous les critères, que ce soit en nombre d'abonnés [sur Twitter] ou en nombre de tweets par jour».

Les 18 comptes de groupes nationalistes blancs sur lesquels s'est concentrée l'enquête – tels que l'«American Nazi Party» (Parti nazi américain) ou le «National Socialist Movement» (Mouvement national socialiste) – ont vu leurs followers passer d'environ 3 500 en 2012 à 22 000 en 2016. Un succès que les chercheurs attribuent notamment à la politique de respect de la liberté d'expression de Twitter.

Essoufflement de Daesh sur Twitter

A l'inverse, le document de recherche souligne l'influence décroissante du groupe djihadiste Daesh sur le réseau social. Une évolution due, entres autres, à la multiplication des fermetures de comptes pour promotion du terrorisme – un critère rédhibitoire que ne remplissent pas, souvent, les mouvements nationalistes blancs, aux yeux de Twitter.

En août, le réseau social a annoncé avoir déjà clôturé environ 360 000 comptes qui auraient fait l'apologie du terrorisme.

Twitter, pourtant, est régulièrement accusé de laxisme vis-à-vis des discours djihadistes : en juillet, un rapport parlementaire français préconisait, en ce sens, de restreindre la liberté d'expression sur les réseaux sociaux. De même, en août, une commission parlementaire britannique a reproché à Twitter, Facebook et Youtube d'être les principaux vecteurs de recrutement et de propagande de l'Etat islamique.                                     

Lire aussi : Le père d’une victime des attentats de Paris poursuit Facebook et Twitter pour propagande extrémiste

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