Incertains de leur sort, les athlètes handicapés russes se livrent entre rires et larmes (VIDEO)

© Capture d'écran YouTube

A la veille de la décision du Tribunal arbitral du sport, qui pourrait briser l'espoir des membres de la délégation russe pour les Jeux paralympiques de représenter leur pays à Rio, ces derniers restent dignes, sans savoir si leur rêve se réalisera.

Elle s’appelle Elena Gorlova, elle a 35 ans. C'est une spéciliste du lancer du poids, comme du disque. Il y a quelques années, un plongeon raté a fait basculer sa vie toute entière... A tout jamais, comme elle l’explique, des larmes au fond des yeux.

Mais Elena n’est pas du genre à se laisser aller. Presqu’entièrement paralysée, elle refuse de baisser les bras et s'accroche, peu importe l'avis des médecins.

Je vis par le sport, je respire par le sport

Elle enchaîne les entraînements, allant jusqu'au bout d'elle-même, lorsqu'un jour on lui annonce la bonne nouvelle. «Quand mon coach m’a dit que j’avais toutes les chances de participer aux Jeux paralympiques, ce fut comme un second souffle», se remémore-t-elle, la voix tenaillée par l’émotion.

Plus qu’un simple loisir, le sport est devenu pour elle une véritable raison de vivre. «Je vis par le sport, je respire par le sport», confie l’athlète.

Et pourtant, malgré son optimisme de tous les instants, une simple décision judiciaire pourrait bien la priver de sa bouffée d’oxygène.

En effet, l’exclusion de la délégation russe pour les prochains Jeux paralympiques de Rio, a été décrétée par le Comité international paralympique (CIP), après la publication du rapport McLaren, réalisé pour l'Agence mondiale antidopage (AMA). Il accuse Moscou d’avoir mis en place un système de dopage étatique entre 2012 et 2015, dont les sportifs russes auraient bénéficié.

Uniquement basé sur des témoignages et n’apportant aucune preuve matérielle, le rapport est vivement contesté par les autorités russes.

Monsieur Craven, pourquoi nous privez-vous de notre rêve, qui est de participer aux Jeux paralympiques ?

Elena Gorlova, elle, refuse d’être sanctionnée pour un crime qu’elle n’a pas commis : «Je n’ai jamais donné raison aux athlètes qui se dopent. Je suis pour un sport propre.»

Et elle n’hésite pas à interpeller directement le président du CIP Philip Craven : «Monsieur Craven, répondez s’il vous plaît à une question : "vous êtes sur un fauteuil roulant, moi aussi je suis sur un fauteuil roulant, nous nous comprenons comme personne d’autre. Pourquoi nous privez-vous de notre rêve, qui est de participer aux Jeux paralympiques ?"»

L'histoire de Dimitri Kokarev, nageur de 25 ans, est un peu similaire. Sauf que lui souffre d’une forme d’infirmité motrice cérébrale particulièrement grave.

Tout comme Elena, il a dû batailler ferme pour arriver là où il est aujourd’hui. «J’ai mis deux ans rien que pour apprendre à flotter», se souvient-il, avant d’ajouter : «Ni mes parents, ni moi n’avons jamais eu l’idée qu’un jour, je pourrais faire partie de l’équipe nationale de natation. Et pourtant, j'ai gagné trois médailles d'or aux Championnats du monde…»

L'hymne national de la Russie, je le connais par cœur

Dmitri, qui affirme vivre pour le sport, n'a qu'un seul objectif en tête : les Jeux paralympiques en septembre. «L’hymne national de la Russie, je le connais par cœur», confie-t-il, rempli d’espoir.

Auteur: RT France

Et pourtant, les chances des athlètes paralympiques russes de s’envoler pour le Brésil dans une poignée de semaines, sont minces.

Face à ce qui est perçu comme une injustice, la toile s’est mobilisée autour d’une pétition publiée sur le site Change.org, qui réclame que les athlètes russes qualifiés pour les Jeux paralympiques puissent concrétiser leur rêve en participant à la compétition. Elle a récolté plus de 190 000 signatures.

Reste maintenant à savoir si elle pèsera sur la décision que doit rendre le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 22 août avant minuit, sur l'appel interjeté par le Comité paralympique russe.

Pendant ce temps, les athlètes paralympiques, eux, retiennent leur souffle en attendant de pouvoir peut-être enfin respirer à pleins poumons l’air de Rio.

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