Islande : le Parti pirate pourrait prendre les rênes du prochain gouvernement, selon les sondages

La dirigeante du Parti pirate islandais Source: Reuters
La dirigeante du Parti pirate islandais

Après la démission de l’ex-Premier ministre islandais, visé par le scandale des Panama Papers, le Parti pirate, qui veut réinstaurer la démocratie directe et offrir l’asile à Edward Snowden, pourrait être amené à former le prochain gouvernement.

Selon les derniers sondages nationaux, le Parti pirate devrait obtenir entre 18 et 20 des 63 sièges du Parlement islandais, lors des élections anticipées qui se dérouleront en octobre.

Avec 28,3% des intentions de votes, un autre sondage réalisé en juin par le journal islandais Kjarninn, le donnait gagnant des élections, devançant de 4% le Parti de l'indépendance de l’ancien Premier ministre, Sigmundur David Gunnlaugsson.

En avril, ce dernier avait en effet été poussé vers la sortie par de larges manifestations d'Islandais en colère, après la publication des Panama Papers, qui ont révélé qu'il avait des placements à hauteur de plusieurs millions dans des paradis fiscaux.

Un gouvernement de transition avait alors été formé et des élections anticipées, qui auront lieu fin octobre, avaient été annoncées.

Face à cette crise de confiance, les propositions du Parti pirate se veulent innovantes : plus grande transparence du gouvernement, rédaction d’une nouvelle constitution, mécanismes de démocratie directe et proposition d’asile politique pour lanceur d’alerte et ex-employé de la CIA Edward Snowden, actuellement réfugié en Russie.

Les activistes misent également beaucoup sur les jeunes. Ainsi, ils ont entamé des négociations avec la compagnie Niantic, qui a développé le jeu Pokémon Go, afin que celle-ci place les célèbres créatures virtuelles dans les bureaux de votes pour y attirer les chasseurs.

Fondé en 2012 par un groupe d’activistes et de hackers du mouvement international anti-copyright, le Parti pirate islandais avait récolté 5% des suffrages lors des élections de 2013, faisant son entrée au parlement national, avec trois sièges.

Mais quelques années plus tard, fort de son succès, le Parti pirate pourrait se retrouver en position de force pour former le prochain gouvernement.

La dirigeante du mouvement, Birgitta Jonsdottir, a indiqué que les pirates étaient prêts à former une coalition avec tout partenaire qui accepterait leur volonté de «changement fondamental du système». Le Parti de l’indépendance, de l’ancien Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, a d’ores et déjà exclu cette éventualité.

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