Israël : un député propose une loi empêchant toute poursuite judiciaire contre Benyamin Netanyahou

© Pool New Source: Reuters

L’opposition au parlement israélien s’indigne d’un nouveau projet de loi d’un député du Likoud qui donne l’immunité au Premier ministre en cas de poursuites judiciaires, tandis que celui-ci fait l'objet de nouvelles accusations de malversations.

La loi, proposée par le membre du Likoud [le parti de droite du Premier ministre Benyamin Netanyahou] David Amsellem, également président du comité intérieur de la Knesset [le parlement israélien], a été accueillie par un tollé général chez les députés de l’opposition.   

 

Et pour cause, en juillet dernier, le procureur général israélien avait lancé une enquête préliminaire sur «des questions relatives à [Benyamin] Netanyahou», sans plus de précisions. Le Premier ministre israélien, qui a déjà eu affaire à la justice pour ses dépenses personnelles faramineuses payées avec l’argent du contribuable, nie toute malversation.   

 

David Amsellem avait initialement suggéré que la loi ne devrait concerner que des délits mineurs passibles d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à six mois.

Cependant, plus tard, il a décidé que des délits plus graves pouvaient être concernés par la loi, notamment les malversations et les affaires de corruption.

Le député a expliqué son projet sur sa page Facebook. Selon lui, «au cours des 30 dernières années, il n’y a pas eu un seul Premier ministre qui n’ait pas été touché par des enquêtes judiciaires. Le Premier ministre est la personne qui détient le poste le plus important en Israël. C’est à lui que reviennent les décisions les plus graves et les plus fatidiques ayant une influence sur l’ensemble du peuple. Il ne peut donc pas être tourmenté par des enquêtes à longueur de temps».

Le député a par ailleurs assuré que sa proposition de loi était sans rapport avec les allégations criminelles qui pèsent actuellement sur Benyamin Netanyahou.  

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Un véritable tollé chez l'opposition 

Les députés de l'opposition se sont unanimement prononcés contre cette loi. La numéro deux de l'Union sioniste et ex-ministre de la Justice, Tzipi Livni, a martelé qu'«aucun citoyen ne devrait être au-dessus des lois» et a souligné que les enquêtes sur le Premier ministre israélien «requéraient la permission du procureur général du pays dans tous les cas, un mouvement destiné à empêcher les enquêtes tendancieuses».

 

D'autres parlementaires ont notamment jugé que la proposition de David Amsellem compromettait les principes fondamentaux de l’Etat de droit et se sont montrés sceptiques quant à la possibilité qu’elle ait pu être envisagée sans l’aval du Premier ministre.     

La présidente du parti d’opposition de gauche laïque Meretz, Zehava Galon a, quant à elle, remis en cause la logique de la proposition, déclarant que le nombre «très inquiétant» d’enquêtes touchant le Premier ministre israélien signifiait qu'il fallait changer de Premier ministre, plutôt que d'empêcher la police de faire son travail. 

Le projet de loi, lui, ne pourra être soumis au vote qu’en octobre prochain, lors de la réunion du parlement israélien.

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