La Turquie convoque le chargé d'affaires allemand après la manifestation de Cologne

Les partisans pro-Erdogan rassemblés à Cologne © Thilo Schmuelgen Source: Reuters
Les partisans pro-Erdogan rassemblés à Cologne

La Turquie a convoqué à la mi-journée le chargé d'affaires allemand, a annoncé un porte-parole de l'ambassade d'Allemagne, au lendemain d'une manifestation de Turcs à Cologne à laquelle le président turc avait été interdit de s'exprimer par vidéo.

Ankara avait qualifié d'«inacceptable» l'interdiction faite par la Cour constitutionnelle allemande à Recep Tayyip Erdogan d'intervenir via une liaison vidéo à Cologne devant des milliers de ses sympathisants et devait le faire savoir officiellement au chargé d'Affaires.

Les autorités allemandes craignaient qu'un discours vidéo d'Erdogan n’exacerbe encore plus les tensions au sein de la diaspora turque en Allemagne, la plus importante du monde - 1,55 million de Turcs, pour une communauté de trois millions de personnes au total en incluant les Allemands d'origine turque.

La police allemande avait aussi refusé dimanche que des responsables de premier plan du gouvernement turc participent à la manifestation «contre le coup d'Etat et pour la démocratie» à laquelle avait appelé un lobby pro-Erdogan.

L’événement, qui s'est déroulé dans l'ouest de l'Allemagne, a attiré 40 000 personnes qui soutiennent la politique du président turc Recep Tayyip Erdogan, à la suite du coup d'Etat avorté qui s'est déroulé en juillet. De nombreux pays occidentaux, alliés de la Turquie, ont vivement critiqué la politique répressive du régime turc à l'encontre de ses opposants et des partisans de Fethullah Gülen, désigné comme responsable de de la tentative de putsch.

Les relations entre l'Allemagne et la Turquie restent tendues, notamment à la suite de l'adoption par le Bundestag d'une résolution reconnaissant la responsabilité des Ottomans dans le génocide des Arméniens entre 1915 et 1916.

La coopération de la Turquie reste cruciale pour la réussite du plan de l'Union européenne destiné à contrôler la crise migratoire auquel le continent est confronté. L'accord, selon lequel la Turquie s'est engagée à recevoir les migrants dont la demande d'asile a été rejetée en échange notamment d'une exemption de visa pour les citoyens turcs dans l'espace Schengen, est menacé. Le 27 juillet, le président Erdogan a en effet annoncé son intention de le rompre, si l'accord avec l'UE, qui considère que les lois turques contre le terrorisme ne correspondent pas aux critères qualitatifs européens, ne remplissait pas ses obligations concernant les visas d'ici à octobre.

Lire aussi : Allemagne : 40 000 personnes dans les rues de Cologne pour soutenir Erdogan

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