Un cimetière pour les «traîtres» putschistes : les punitions inventives des partisans d'Erdogan

Source: Reuters

Dans un climat de chasse aux sorcières et d'épuration de l'appareil d'Etat, les partisans du président turc ne décolèrent pas. Et ils s'ingénient à trouver des façons d'humilier symboliquement les putschistes et leurs soutiens supposés.

Alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan n'a toujours pas réussi à mettre la main sur son ennemi Fethullah Gülen, accusé d'être à l'origine du putsch et qui vit toujours en exil, en Pennsylvanie depuis 1999, malgré la demande d'extradition turque, les partisans d'Erdogan retournent leur colère contre des symboles. Et c'est à qui trouvera l'idée la plus humiliante et qui marquera le plus les esprits.

Transformer le lieu de naissance de Fethullah Gülen en toilettes publiques

Selon le journal turc Beyaz Gazete, la maison natale de Gülen serait destinée à être transformée en WC publics. Le bloc sanitaire sera construit avec les matériaux mêmes de la maison de l'opposant exilé. Toujours selon le Beyaz Gazete, les habitants eux-mêmes auraient réclamé le changement de destination.

Autodafés des œuvres politiques de Gülen

Faute de pouvoir s'en prendre à sa personne physique, la vindicte populaire s'est donné pour cible les idées du grand ennemi de Reccep Erdogan, et s'en prend aux livres de Gülen, à la fois homme politique, écrivain, penseur religieux et idéologue. La police a ainsi découvert les cendres d'une centaine d'ouvrages de Gülen brûlés dans un terrain vague dans la partie turque de l'île de Chypre.

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Un cimetière aménagé pour les «traîtres» et les putschistes

C'est dans un lieu unique et séparé que les autorités turques ont décidé de donner une sépulture aux 24 opposants à Erdogan morts dans la tentative de coup d'Etat.

Il faut dire que les autres cimetières du pays avaient refusé les dépouilles des putschistes. Mais pour le maire d'Istanbul Kadir Topbas, ce cimetière est plutôt une bonne idées car le regroupement des dépouilles des «traîtres» présente selon lui l'avantage, pour les passants et les visiteurs, de «pouvoir les maudire» à l'occasion.

Fethullah Gülen a non seulement nié toute implication dans la tentative de coup, mais il a également déclaré que ce dernier pourrait avoir été «mis en scène» par le président turc pour renforcer son pouvoir. Et la purge se poursuit en Turquie, alors que les autorités ont ordonné la fermeture de 130 organes de presse, dont des chaînes de télévision et des journaux. Le ministre de l'Intérieur turc a annoncé le chiffre de 15 000 gardes-à-vues, tandis que 8 113 personnes ont été emprisonnées dans l'attente de leur procès. 45 000 membres de l'armée, de la magistrature et de la police ont été limogés.

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