Brexit : le Français Michel Barnier choisi pour mener les négociations de l'UE avec le Royaume-Uni

MIchel Barnier et Jean-Claude Juncker en 2014 Source: AFP
MIchel Barnier et Jean-Claude Juncker en 2014

C'est Michel Barnier, Européen convaincu mais aussi «bête noire» de la City, que Jean-Claude Juncker a désigné pour mener les négociations avec le Royaume-Uni suite au référendum. Une façon pour l'Union de réaffirmer sa posture de fermeté.

L'ex-commissaire européen Michel Barnier a été nommé «négociateur en chef responsable du groupe de travail de la Commission» et chargé de la «préparation et de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni au titre de l'article 50 du Traité sur l'Union européenne». Lequel article, encore jamais activé, laisse la possibilité à tout Etat-membre de sortir de l'Union européenne. «Il est important pour les deux parties de bien se préparer aux négociations afin de réussir la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne», a indiqué un porte-parole du gouvernement britannique, en réaction à la désignation de Michel Barnier, connu pour ses positions contre la City de Londres.

La City et l'économie britannique dans le collimateur de l'UE

Michel Barnier est en effet un militant convaincu de l'Union européenne et l'un des commissaires les plus actifs sous la présidence du Portugais José Manuel Barroso de 2010 à 2014. Michel Barnier s'était alors appliqué à réglementer le secteur bancaire et financier, après l'éclatement de la crise financière et la faillite de Lehman Brothers en 2008 qui avait conduit les Etats à renflouer les banques au prix d'une explosion de leurs dettes souveraines.

L'encadrement des pratiques des marchés financiers avait alors fait grincer des dents à Londres. «Après toutes ces années où il a été diabolisé par la City, souvent d'ailleurs de manière très injuste. La Commission européenne n'aurait pas pu adresser un message plus ferme aux Anglais», estime Jacques Laffite, dirigeant d'un cabinet de conseil bruxellois. Le secteur de la banque et de la finance pèse lourd dans l'économie britannique alors qu'il représente près de 12 % du PIB britannique. Plus de deux millions de Britanniques, dont 700 000 pour la seule région de Londres, travaillent directement pour le secteur bancaire et financier.

A l'exception notable d'Angela Merkel, qui souhaite laisser du temps au Royaume-Uni, les dirigeants européens ont adopté une posture de fermeté à l'égard du Royaume-Uni depuis la décision des britanniques de sortir de l'Union européenne. «Le plus vite sera le mieux» avait ainsi asséné François Hollande à un David Cameron démissionnaire, estimant que le choix britannique ne pouvait être ni reporté ni «annulé», avant de consentir à laisser plus de temps pour se «préparer» au nouveau Premier ministre britannique Theresa May. 

Lire aussi : Hollande durcit le ton, Londres doit payer le prix pour rester dans le marché unique

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