Etats-Unis : le prétendant au Pentagone enclin à armer l’Ukraine et continuer la lutte contre l’EI

(REUTERS/Jonathan Ernst) Source: Reuters
(REUTERS/Jonathan Ernst)

La nomination d’Ashton Carter au poste de Secrétaire à la Défense annoncée mercredi au Sénat par le président Obama a provoqué de vives discussions parmi les législateurs sur la crise en Ukraine, l’EI et la fermeture du camp de Guantanamo à Cuba.

Carter enclin à fournir des armes offensives à Kiev

Interrogé par le sénateur John McCain (Arizona) au sujet de savoir si les Etats-Unis devaient fournir des armes à l’armée ukrainienne pour combattre les insurgés dans le pays, Carter a répondu qu’il penchait dans ce sens.

Le nominé, cependant, s’abstient pour l’instant de dire de quelle sorte d’armes il s’agira. « Mais je penche vers l’option de fournir des armes, et en particulier - je pense que votre question portait là-dessus - des armes offensives ».

Les Etats-Unis ont déjà accordé à l’Ukraine une aide militaire non létale comportant notamment des lunettes de vision nocturne et des gilets pare-balles, l’administration Obama, néanmoins, a refusé jusqu’ici de fournir des armes offensives. La Maison-Blanche, selon des déclarations officielles, réexamine actuellement sa position à la lumière du conflit incessant sans prendre pour l’instant de décision définitive. Peu après le commentaire de Carter, le département d’Etat a réitéré que la position des Etats-Unis à ce sujet « n’a pas changé ».

Carter a exclu la possibilité d’envoyer du personnel militaire en Ukraine et a averti que les Etats-Unis, en fournissant des armes offensives, devaient examiner toutes les conséquences potentielles. Les adversaires de l’idée d’armer l’Ukraine déclarent que cela pourrait provoquer une aggravation de la situation et dégrader encore plus les relations avec la Russie que les Etats-Unis accusent de soutenir et d’armer les insurgés dans l’est de l’Ukraine. Carter a annoncé que les sanctions devaient être l’outil principal utilisé contre la Russie par rapport à sa participation présumée au conflit.

« Je pense que la pression économique et politique sur la Russie doit rester le centre de gravité de notre effort visant à la repousser », a-t-il affirmé.

Moscou, tout au long du conflit à l’est de l’Ukraine, a nié toute implication et appelé au cessez-le-feu ainsi qu’au dialogue bilatéral entre les belligérants.

Carter favorable à la stratégie actuelle de lutte contre l’Etat islamique

Plusieurs législateurs ont critiqué l’approche de l’administration Obama dans la lutte contre l’Etat islamique (EI) pour son manque de cohérence. Carter, pour sa part, a défendu l’administration en déclarant que les frappes aériennes menées par les Etats-Unis étaient un élément important de la lutte contre l’Etat islamique au même titre que les militaires sur place qui entraînent les forces irakiennes, soutiennent les bataillons kurdes Peshmerga et créent une force de combat efficace composée de rebelles syriens modérés.

Le responsable américain a promis également d’accélérer les livraisons d’armes en Jordanie pour stimuler les efforts d’Aman visant à combattre l’Etat islamique après l’exécution spectaculaire d’un pilote de ses forces armées.

Pendant ce temps, Carter a ajouté que les rebelles entraînés par les Etats-Unis en Syrie n’allaient pas seulement combattre l’Etat islamique, mais aussi aider à renverser le gouvernement en difficulté du président syrien Bachar el-Assad. Le sénateur Lindsey Graham (républicain - Caroline du Sud) a mis en question la sagesse d’un tel plan en faisant valoir que les Etats-Unis ne pouvaient pas s’attendre à la démission d’el-Assad après avoir entraîné des forces qui vont prendre son gouvernement pour cible.

« Les forces que nous soutenons doivent avant tout combattre l’Etat islamique, mais je crois aussi qu’ils ont besoin de créer les conditions du renversement d’el-Assad », a répondu Carter cité par The Guardian. « C’est une tâche beaucoup plus complexe, je ne veux pas simplifier, mais on doit y arriver à la fin ».

Alors que la guerre civile fait rage en Syrie depuis plusieurs années, les projets d’armer les rebelles contre l’Etat islamique ont été critiqués par un certain nombre d’analystes et d’officiels. Selon les détracteurs de cette politique, les Etats-Unis ne peuvent pas évaluer objectivement la crédibilité des groupes rebelles considérant que c’est d’abord le renversement d’el-Assad qui les intéresse et que les armes américaines peuvent finir dans les mains des guerriers de l’EI.

Carter « ne souhaite pas accélérer » la fermeture du camp de Guantanamo

Lorsque l’administration Obama a mis un coup d’accélérateur au processus de fermeture du camp de Guantanamo, les républicains ont exprimé leurs inquiétudes concernant le caractère hâtif de cette démarche de même que sur la possibilité que les détenus libérés prennent les armes contre les Etats-Unis. La sénatrice Kelly Ayotte (républicaine - New Hampshire) a poussé Carter à ne pas « succomber à la pression » de la Maison-Blanche pour fermer le camp le plus rapidement possible et lui a rappelé que toute libération de détenus doit être autorisée par lui.

« Je comprends mes responsabilités », a-t-il dit. « Comme tout ce que je fais, je le ferai franchement ».

Il reste plus de 100 détenus au camp de Guantanamo. Bien que la promesse du président Obama de fermer le camp date de l’année 2008, les législateurs du Congrès ont bloqué sa capacité à le faire et ralenti le transfert des détenus.

Retrait des troupes américaines d’Afghanistan : Carter est pour mais exprime des réserves

 En ce qui concerne le plan de retrait des troupes américaines d’Afghanistan qui doit s’étaler jusqu’à fin 2016, Carter s’est dit favorable au processus tout en se réservant le droit de proposer un changement d’orientation au président en cas de revirement des conditions sur le terrain.

« Je comprends que nous avons un plan, le président a un plan, je soutiens ce plan, mais en même temps, c’est un plan », a-t-il dit. « Si je suis sûr que nous avons besoin de changer de plan, je le dirai au président ».

Les Etats-Unis ont déjà revu leur plan de retrait en laissant plus de troupes que prévu en Afghanistan en 2015, le délai de retrait complet des troupes, en revanche, n’a pas été repoussé.

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