Terrorisme, montée des extrêmes : les Allemands plus inquiets que jamais

Des manifestants lors d'un rassemblement du mouvement Pegida.© ROBERT MICHAEL Source: AFP
Des manifestants lors d'un rassemblement du mouvement Pegida.

D'après un récent sondage, les craintes des Allemands à l'égard des attaques terroristes, de la crise des migrants et de l'essor de forces politiques extrémistes ont fait un bond spectaculaire en 2016.

«Jamais, dans le cadre de nos enquêtes, les peurs exprimées par le gens n'avaient augmenté de manière aussi radicale en un an qu'au cours de l'année 2016», a déclaré la responsable d'une enquête d'opinion venant de paraître, qui a été menée auprès de 2 400 Allemands.

Selon le sondage, réalisé par l'assureur R+V, le nombre d'Allemands déclarant avoir «peur» des événements liés à l'actualité a grimpé de 10 points en l'espace d'un an, pour atteindre 49% de l'échantillon interrogé.

Les Allemands terrifiés par les diverses conséquences de la crise des migrants

En cause, avant tout : le terrorisme, qui inquiète 73% des Allemands, contre 52% en 2015. L'extrémisme politique arrive en seconde place des sources de peur, affectant 68% des sondés, soit un peu plus du double de l'année précédente. L'idée selon laquelle les flux migratoires pourraient accroître les tensions entre Allemands et étrangers vivant dans le pays, enfin, est un motif de crainte pour 67% des personnes interrogées, soit 18 points de plus qu'en 2015.

Une montée des angoisses que ne devrait pas apaiser la dernière déclaration d'Angela Merkel, portant sur l'incapacité des frontières européennes à filtrer le passage de djihadistes : «Le flux de réfugiés [a] été utilisé pour faire entrer des terroristes [en Europe]», a-t-elle affirmé sans prendre de gants aux militants de sa formation politique, le 11 juillet 2016.

Les trois sources de peur mises en avant dans le sondage ne sont pas sans lien : au cours des deux dernières années, des mouvements contestataires radicaux ont pris leur essor en se positionnant contre la politique d'ouverture des frontières mise en place par Angela Merkel, tandis que les actes de violence à l'égard des étrangers se sont multipliés dans le pays. En 2015, environ un million de migrants sont arrivés en Allemagne, encouragés par l'annonce faite par la chancelière d'en accueillir 800 000.

En 2015 : montée de mouvements radicaux et explosion des actes xénophobes en pleine crise migratoire

Cette vague migratoire exceptionnelle a, par exemple, provoqué l'émergence du mouvement anti-islamisation Pegida, perçu par une partie de la population allemande comme xénophobe. Celui-ci a organisé au cours de l'année 2015 de nombreuses manifestations contre la venue d'étrangers musulmans, réunissant parfois plus de 20 000 personnes.

Le jeune parti anti-immigration AfD (Alternative pour l'Allemagne), taxé d'extrême droite par de nombreux médias allemands, a également pris son essor, de récents sondages en faisant même la troisième force politique du pays.

Le nombre d'actes xénophobes est lui aussi monté en flèche depuis l'ouverture des frontières, passant de 114 en 2014 à 500 en 2015 (d'après l'Office fédéral de police criminelle allemand).

En ce qui concerne le terrorisme, enfin, son lien avec le phénomène migratoire a pu être apprécié par la population allemande lorsque le chef des renseignements a révélé, en juin, l'implication de 17 Syriens s'étant fait passer pour des réfugiés dans un attentat déjoué par les autorités.

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