Espionnage américain en Allemagne : Merkel défend la communication de son cabinet

La chancelière allemande Angela MerkelSource: Reuters
La chancelière allemande Angela Merkel

La chancelière allemande Angela Merkel a défendu la communication de son cabinet au moment du scandale NSA/BND alors que son administration est mise en cause pour avoir menti aux Allemands à propos de l’accord de non-espionnage avec les Etats-Unis.

«Je peux seulement dire que tous ont agi en connaissance de cause et en conformité avec leur conscience, cela peut être adressé au chef de cabinet actuel ainsi qu’à son prédécesseur», a dit Merkel pour justifier l’attitude de son chef de cabinet actuel Peter Altmaier, qui a succédé à Ronald Pofalla.

La déclaration de la chancelière suit les accusations avancées par les médias allemands la semaine dernière selon lesquelles, à la veille des élections générales en Allemagne en 2013, le chef du cabinet de Merkel, Ronald Pofalla, aurait menti à propos du fait que Berlin et Washington négocient sur un accord de non-espionnage. En réalité, le journal Sueddeutsche Zeitung a rapporté sur la base de courriels électroniques échangés entre les deux gouvernements qu’il n’y avait pas d’engagement ferme en ce temps-là à Washington pour négocier un accord.

L’opposition allemande affirme que le cabinet de Merkel s’est adonné à une communication mensongère pour grappiller des voix au profit de la CDU. Torsten Schaefer-Guembe, vice-président des Sociaux- Démocrates de centre-gauche (SPD) a dit à Tagesspiegel que Pofalla a «menti à des fins électorales».

«Si c’est vrai et si les Etats-Unis n’ont jamais eu l’intention de discuter d’un tel accord entre l’Allemagne, cela signifie que les Conservateurs ont menti au cours de leur campagne électorale en 2013», a déclaré lundi Yasmin Fahimi, secrétaire général du SPD, pour faire monter la pression.

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L’ex-ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger a entretemps déclaré à Der Spiegel qu’«en fin de compte, la chancellerie a jeté de la poudre aux yeux de la population».

Pour Merkel, la coopération du renseignement allemand avec le NSA n’est pas en soi condamnable tant que l’Etat de droit est respecté.

«Pour moi, il est évident que les agences de renseignement doivent se conformer à la législation allemande en vigueur», a assuré Merkel. «La mise en œuvre de ce principe pourra s’avérer difficile en pratique, pourra prendre plus de temps que nous le désirons, mais cela reste un objectif politique pour moi».

La semaine dernière, Merkel s’était employée une première fois à justifier la posture de son gouvernement devant les accusations selon lesquelles le BND, le service de renseignement allemand, aurait aidé la NSA à espionner certaines grandes compagnies et hommes politiques en Europe.

Selon Merkel, la coopération entre la NSA et le BND est impérative au regard de la lutte contre le terrorisme international. Néanmoins, la chancelière maintient qu’il est inacceptable pour deux nations amies de s’espionner au plus haut niveau.

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Une procession ininterrompue de membres du gouvernement Merkel s’est présentée ces dernières semaines pour témoigner devant une commission d'enquête parlementaire des agissements potentiellement contraires aux intérêts nationaux du BND. En avril, le quotidien Der Spiegel, en se référant aux révélations d’Edward Snowden, a rapporté que le BND avait reçu des milliers de «sélecteurs» de la NSA  pendant dix ans dans le but de surveiller certaines cibles, dont des personnalités politiques européennes et des compagnies du groupe EADS telles qu’Airbus et Eurocopter.

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