Grèce : l’austérité serait la cause de l’augmentation du taux de suicide (VIDEO)

(REUTERS/Marko Djurica) Source: Reuters
(REUTERS/Marko Djurica)

Les mesures d’austérité drastique imposées à la Grèce par les créanciers de l’UE, si on en croit une étude d’une revue médicale britannique, auraient causé une résurgence des suicides dans le pays pendant la culmination de la crise en 2011-2012.

« L’introduction des mesures d’austérité en juin 2011 en Grèce a marqué le début d’une augmentation considérable, forte et soutenue du nombre de suicides, le plafond ayant été atteint en 2012 », lit-on dans une étude publiée par la revue BMJ Open.

Les chercheurs, qui ont analysé les données recueillies par les services statistiques grecs depuis près de 30 ans, ont relevé que 11505 Grecs dont 9079 hommes et 2426 femmes se sont donnés la mort entre 1983 et 2012.

Le nombre de suicides a augmenté de 35% en juin 2011 selon les résultats de la recherche, moment qui coïncide avec l’adoption des mesures d’austérité auxquelles le peuple grac a répliqué par des grèves et des violentes manifestations. De plus, le nombre de suicidés a crû jusqu’à la fin de l’année et a continué à croîre en 2012.

En moyenne, 11,2 suicides supplémentaires se sont produits chaque mois en Grèce, pays par ailleurs décrit dans cette étude comme ayant traditionnellement « un des plus bas taux de suicides du monde ».

« La quantité de suicides répertoriés a atteint un pic mensuel de 64 personnes en juillet 2012, suivie par le score 62 personnes en mai 2012 pendant la période de 30 ans couverte par l’étude », lit-on dans le rapport.

Il y a eu un autre pic en avril 2012 après que Dimitris Christoulas, un pharmacien retraité, s’est tiré une balle dans la tête devant le parlement grec. La couverture médiatique intense de cet acte commis par un homme désespéré qui a fait porter la responsabilité de sa décision au gouvernement et à sa politique d’austérité a pu provoquer une « contagion de suicides », est-il écrit dans le document.

L’étude a révélé que les hommes grecs, dont les salaires restent plus élevés en moyenne, ont été plus gravement touchés par l’austérité que les femmes. Le taux de suicide parmi les hommes a commencé à augmenter en 2008 avec le début de la récession. Il a augmenté de 13% en 2010 et de 18,5% supplémentaires (5,2 suicides) chaque mois depuis le mois de juin 2011.

Selon le rapport, « un sentiment de désespoir » a mené à une hausse des suicides dans un contexte caractérisé par « des taux de chômage et d’endettement élevés, une réduction de prestations sociales et une augmentation significative du nombre de sans-abris du fait du ralentissement important de l’activité économique dans le pays », sentiment qui s’ajouterait au stress de tous les jours.

En revanche, l’étude a constaté qu’il y a eu une baisse du nombre de suicides parmi les hommes grecs au cours d’ « évènements  promettant une future prospérité ». Par exemple, le nombre de suicidés a chuté de 27 % en 2002 quand le pays a adopté la monnaie unique européenne.

«  Les mesures d’austérité à venir et la présentation au public de ces politiques devraient davantage prendre en compte l’importance des conséquences inattendues qui pourraient suivre  sur la santé mentale des citoyens », a conclu l’équipe de recherche de BNJ Open.

En savoir plus : Après 5 ans d’humiliations, Syriza doit former un gouvernement de coalition

Fin janvier, un gouvernement anti-austérité a vu le jour en Grèce après la victoire du parti de gauche radicale Syriza aux élections législatives dans le pays, victoire qui marque une première en Europe. Le parti présidé par Alexis Tsipras a obtenu une majorité relative de 149 sièges sur 300 au parlement, la formation a gagné en popularité dans le pays après avoir promis de renégocier la dette de la Grèce et de mettre fin aux mesures économiques draconiennes.

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