A Genève, les liens très étroits de la Grande mosquée avec le djihadisme

© Capture d'écran Twitter

Financés par l’Arabie saoudite et fichés S en France, deux imams, prêchent ouvertement un islam des plus radicaux au sein même de la Grande Mosquée du Petit-Saconnex, à Genève en Suisse. Deux de leurs fidèles sont même déjà partis se battre en Syrie.

L'information semble dépasser l'entendement. A Genève, la Grande mosquée de la ville est au mains de prédicateurs radicaux délivrant une vision de l'islam des plus rétrogrades.

Deux imams, français, convertis, habitants de l'autre côté de la frontière dans le département de l'Ain y font l'objet d'une surveillance spéciale de la part des services de renseignement qui ont perquisitionné leur domicile en novembre 2015, quelques jours après les attentats de Paris.

Le numéro de téléphone portable de l'un d'eux, un Toulousain, figurerait au moins à sept reprises dans la liste des appels entrants et sortants du téléphone de Mohammed Merah, auteur de la tuerie de Toulouse et Montauban lors de laquelle il avait, au volant de son scooter, abattu sept personnes, dont trois militaires français et trois enfants juifs et un éducateur de l'école juive Ozar Hatorah.

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Plus que cela, selon une note de la Direction départementale de la police aux frontières de l'Ain, il est soupçonné d'être «l'un des personnages-clés dans l'organisation d'une filière djihadiste».

Interrogé par Le Point et Le Matin dimanche, il a démenti toutes les accusations, affirmant «ne pas avoir le souvenir d'avoir jamais rencontré Mohammed Merah».

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Le second a fait ses études en Arabie saoudite, avant de venir travailler pour la Grande Mosquée de Genève en 2008. Interrogé par la télévision suisse pour savoir ce qu'il pensait de la lapidation, il avait préféré répondre «Joker».

Plus grave encore, au printemps 2015, deux jeunes, un Suisse converti et un Tunisien, liés à «un groupe de jeunes radicalisés fréquentant la mosquée du Petit-Saconnex», sont partis en Syrie, explique Le Point.

Interrogée par La Tribune de Genève, la mère du suisse converti a indiqué avoir demandé de l'aide à un imam de la Grande mosquée du Petit-Saconnex. Ce dernier lui a répondu : «ce n'est pas mon problème».

L'Arabie saoudite aux commandes et à la rescousse

La Grande mosquée de Genève est un véritable symbole : il s'agit de la première mosquée construite en Europe en 1978, sous l'impulsion et avec le soutien de la Ligue islamique mondiale.

Cette dernière, fondée à La Mecque en 1962 a pour but de propager l'islam et lutter contre les fausses allégations visant à détruire l'unité des musulmans.

Aussi, ce scandale de la Grande Mosquée du Petit-Saconnex a contraint la Ligue, en bon dirigeant, à faire une petite visite à Genève, histoire de remettre les pendules à l'heure et faire le point sur cette affaire.

Car il s'agit là d'une véritable épine dans le pied de Riyad qui s'applique depuis des années à crier à la diffamation à chaque fois que l'Arabie saoudite est accusée d'entretenir des liens avec le terrorisme islamiste et le djihadisme.

Arrivés dans le plus grand secret, les membres de la Ligue islamique n'ont accepté de répondre à aucun journaliste et ont refusé de s'entretenir avec les fidèles de la mosquée.

«Ces gens descendent dans les palaces, mais ne cherchent même pas à dialoguer avec ceux qui fréquentent la mosquée ! Décidément, rien ne change», a déploré à Le Point Hafid Ouardiri, porte-parole de la Fondation culturelle islamique de l'Entre-Connaissance et ancien porte-parole de la mosquée du Petit-Saconnex d'où il a été licencié en 2007 pour avoir refusé de suivre à la lettre les instructions de Riyad, préférant que plus de pouvoir soit confié à la communauté musulmane locale.

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