La Pologne se dote d'unités de défense civile pour faire «face à la Russie»

 Le ministre des Affaires étrangères polonais et le secrétaire général de l'Otan se serrent la main Source: Reuters
Le ministre des Affaires étrangères polonais et le secrétaire général de l'Otan se serrent la main

Au prétexte d'une «menace russe», la Pologne a annoncé le recrutement de troupes paramilitaires. La nouvelle force sera composée de civils et comptera quelque 35 000 personnes.

Ce seront les premières unités de défense territoriales constituées exclusivement de civils en Pologne. «En septembre commencera l'enrôlement des premiers membres de la défense territoriale», a annoncé le ministre de la Défense polonais Antoni Macierewicz. Les candidats retenus recevront une formation militaire et viendront renforcer l'armée polonaise proprement dite qui compte 100 000 vrais soldats d'active et 50 000 réservistes.

«La défense territoriale, c'est notre réponse aux dangers liées à la guerre hybride», a de son côté déclaré Grzegorz Kwasniak, le responsable polonais de la mise sur pied de cette nouvelle force civile. Manière de faire une allusion à peine voilée et de reprendre les accusations habituelles contre la Russie, à savoir de mener une guerre secrète, non conventionnelle, donc «hybride», en Ukraine, et plus généralement de représenter une menace militaire pour l'Europe. A telle enseigne que le déploiement des civils militarisés se fera en priorité dans les provinces de l'est de la Pologne pour la bonne raison qu'elles sont plus proches de la Russie... qui reste quand même séparée de la Pologne par l'Ukraine et le Bélarus.

Impulsée par l'Otan, la militarisation de l'Europe de l'est se poursuit

Tandis que les Etats membres de l'Otan s'inquiètent d'une hypothétique invasion russe de l'Est vers l'Ouest, c'est l'Otan qui, depuis la fin de la Guerre froide, progresse d'Ouest en Est pour se positionner le long des frontières russes. Le secrétaire général de L'Otan Jens Stoltenberg a ainsi annoncé le renforcement des troupes en Pologne et dans les Pays baltes, renforcement justifié selon lui par «l'agression russe en Ukraine». Faisant suite à l'annonce de Stoltenberg, Antoni Macierewicz a estimé qu'un bataillon de l'Otan en Pologne suffirait à détourner une «éventuelle attaque russe».

Et en mars dernier, toujours en citant la même «menace russe», les Etats Unis et la Pologne avaient annoncé la construction d'une base militaire commune, poursuivant ainsi le déploiement du système antimissile américain en Europe, qui, pour le coup, représente une menace concrète pour Moscou, puisque ce déploiement pourrait rompre, selon Moscou, les équilibres stratégiques en Europe.

Aller plus loin : La Russie a conçu des missiles capables de percer le bouclier antimissiles de l’OTAN

De son côté, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, estime que la «soi-disant menace russe [...] est exploitée activement pour justifier l'existence de l'Otan» et son expansion, et, ajoute-t-il, «c'est un facteur de déstabilisation mondiale».

Le déploiement de force de l'Otan en Europe est sans précédent depuis la fin de la Guerre froide.

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