Un activiste transgenre pakistanais décède après s'être vu refuser des soins par les médecins 

© Capture d'écran Facebook

Ali Sha, 23 ans, a été touché six fois par les tirs d'un gang homophobe. Transporté a l'hôpital, le personnel médical a refusé de le prendre en charge à cause de son orientation sexuelle. Il est finalement décédé des suites de ses blessures.

L'incident s'est déroulé dans le nord du Pakistan. Les membres de l'association pakistanaise Trans Action, qui ont transporté l'homme à l'hôpital, ont expliqué sur les réseaux sociaux que le groupe qui a perpétré l'attaque était spécialisé dans les crimes homophobes et la chasse aux homosexuels et transexuels. 

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L'association a également raconté au Washington Post le calvaire du jeune homme, qui a dû subir les moqueries des médecins alors qu'il était à l'article de la mort. 

Durant une heure, le personnel médical a laissé Ali Sha se vider de son sang alors que les infirmiers ne parvenaient pas à se décider s'il devait être admis dans la partie réservée aux hommes ou aux femmes, a expliqué Trans Action.

Transporté chez les hommes, le jeune homme a protesté et, lorsqu'il a finalement été amené chez les femmes, plusieurs patientes se sont plaintes de sa présence.

Un membre de Trans Action présent à l'hôpital a raconté qu'un des infirmiers lui avait demandé son numéro de téléphone, ainsi que le prix pour une danse, tandis qu'un autre avait renchéri en demandant si les transexuels «ne faisaient que faire l'amour où s'ils étaient bons à autre chose». 

Alertés, les médias pakistanais ont commencé à relayer l'histoire, tandis que le gouverneur de la province de Khyber Pakhtunkhwa, où se trouve Peshawar, s'est rendu au centre hôspitalier. Sur ses ordres, Ali Sha a finalement été transporté dans un service VIP prestigieux pour être soigné, mais, six heures plus tard, il a été déclaré mort des suites de ses blessures.

Au Pakistan, les transexuels, appelés hijras font à l'origine partie d'une longue tradition qui remonte aux cours princières musulmanes de l'ère moghole. A l'époque, ces «hommes aux manières de femmes», étaient des eunuques chargés de veiller sur le harem du palais ou des troupes de chanteurs, danseurs ou comédiens animant les fêtes de la cour. Ce rôle social a été anéanti par la société moderne. Aujourd'hui, les transexuels subissent violences et persécutions et sont obligés de se livrer à la mendicité et/ou la, prostitution pour survivre. 

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