En Irak, les Yézidis sont déterminés à amplifier leur résistance à l'Etat islamique

 En Irak, les Yézidis sont déterminés à amplifier leur résistance à l'Etat islamique © Goran Tomasevic Source: Reuters
Les troupes sont déterminées à combattre l'Etat islamique

Après avoir subi de lourdes pertes en raison des massacres perpétrés par l’Etat islamique, la communauté yézidie s’organise militairement, avec de maigres moyens.

Victimes d'une épuration ethnique organisée par les troupes de Daesh, les Yézidis ont été contraints de se déplacer, pour s’installer – provisoirement espèrent-ils – dans des camps de réfugiés situés au Kurdistan. Mais quelques centaines d’entre eux ont décidé de prendre les choses en main et ont monté un camp d’entraînement situé au nord de l’Irak. C'est ainsi que sont nées les Unités de protection de l’Ezidkhan (HPE).

Confrontés à la défection des troupes du Parti Démocratique du Kurdistan censées les défendre face aux assauts de Daesh, les Yézidis ont, dans leur fuite, compris qu’eux seuls pouvaient assurer la protection de leur communauté.

Les premiers groupes armés Yézidis ont vu le jour sous le nom d’Unités de Protection de Sinjar (HBS), soutenus par les militants du PKK. Mais accusé de collaborer avec les chiites, Haydar Shasho, chef des HBS, a été arrêté par les responsables affiliés au Parti démocratique du Kurdistan de la ville irakienne d’Erbil. Les HBS sont alors devenues les HPE, prenant leur distances avec leurs anciens alliés.

Financés par la diaspora yézidie réfugiée en Europe, ces milices disposent de moyens extrêmement limités. «Comment voulez-vous qu’on leur apprenne à utiliser des armes si nous n’en avons pas ?», déplore Bryan, chargé de l’instruction militaire. «On ne peut rien faire… Il faut le dire en Europe ! On a besoin d’aide, de matériel [...] On ne fait pas tirer au fusil, les balles coûtent trop cher», explique-t-il à la Tribune de Genève.

Face aux multiples rapts de femmes yézidies perpétrés l’Etat islamique, certaines d'entre-elles ont décidé de constituer des formations militaires. Dans le camp, on en trouve une vingtaine qui se sont engagées avec l’accord de leur famille. «Il y aurait eu moins de sang si les Yézidies avaient pu se défendre», affirme Ghazal, une jeune recrue. «Nous avons un numerus clausus pour les volontaires de sexe masculin, mais pas pour les femmes : nous les acceptons toutes», déclare le commandant des HPE, qui comptent 6 000 volontaires, dont plusieurs centaines de femmes.

Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'obtenir l’autonomie politique qu'espère cette communauté dans la région du Sinjar. Haydar Shasho table sur un rapprochement «avec le ministère de la Défense irakien ou le ministère des Peshmergas kurdes afin de pouvoir recevoir un soutien financier ou matériel», qui permettrait à ses troupes de s’affirmer sur le terrain militaire, mais aussi de garantir un avenir plus sûr aux Yézidis.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»